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  • : Propos maçonniques
  • : 25/02/2008
  • : Puissent ces quelques propos té-moigner de la permanence de la recherche d'une vérité fuyante et incertaine, accaparée par ceux qui, prétendant la détenir, voudraient l'imposer, même par la tyrannie. Ce blog n'engage que ses auteurs. Il est dédié à tous les frères et soeurs, orphelins d'un projet maçonnique exigeant et cohérent, pour des lendemains à repenser, à rebâtir, à rêver.
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 09:22
 
Le Masque


masqueLes revêtements du visage peuvent apparaître comme les premiers balbutiements d'un discours qui n'avoue pas encore sa réalité. Le masque primitif semble moins être un objet posé dans le social que créé dans la psychose et les pulsions. La Couronne se situerait dans une autre problématique en contribuant à la manifestation du moi et en substituant aux pulsions, la promotion du surmoi. Le Voile, enfin, interviendrait pour nier le moi, en le renvoyant à l'a-signifiance des individus, non concernés par le discours.

Avec sa bouche bée et ses yeux sans regard, le masque peut jouir, au cœur du système primitif, de significations différentes selon qu'il est le visage d'un esprit, d'un défunt, d'un animal, même si ces significations cachent un sens unique plus profond. Plusieurs mythes sur l'origine des masques rattachent la naissance ou la décou-verte du masque à la consommation ou à l'interdit de l'inceste. Cette fusion culturellement impossible d'un autre à l'autre est ainsi souvent présentée comme l'origine du masque.

A de rares exceptions près, le masque est fabriqué, porté et interprété par les hommes. Il s'oppose par là aux phénomènes de possession, qui seraient plutôt féminins. Selon de nombreux mythes, les masques auraient été inventés par des femmes, à qui les hommes les auraient achetés, puis confisqués ou tout simplement  interdits.

Le masque jaillit du vide qui sépare le sujet de l'objet. Mais il prend, en sortant de ce vide, deux visages différents tout aussi figés l'un que l'autre dans la mort. Le premier de ces visages est d'ordre psychotique, comme s'il avait plongé dans le vide, à la recherche de l'autre, perdu et en revenait les yeux hagards et la bouche bée.


Le second visage du masque est celui du discours social qui ne plonge pas dans le vide, mais qui a peur. Voici que le corps se sent mal dans sa peau et cherche à se couvrir de la peau des autres ...
 
 
Le voile
 
 
Le voile intervient pour nier le moi et le renvoyer à l'a-signifiance des individus non concernés par le discours. (Celui à qui son corps n'appartient pas est un esclave).

Le voilement des femmes, largement diffusé par l'Islam, est caractéristique du système primitif. La société occidentale n'a d'ailleurs abandonné que très récemment l'usage du voile de la mariée, du voile de deuil, ou celui de la voilette souvent substituée au voile. Dans la liturgie chrétienne, les femmes doivent porter un voile, alors que les hommes doivent rester découverts.

 

 

voile
   

Il ne s'agit donc pas du voile traditionnel des épouses ou des veuves. Car c'est bien la condition féminine elle-même qui est concernée. Et le voile de la religieuse, symbole de la mort au monde, se présente comme l'héritier du voile primitif, dont l'a-signifiance cache tout le possible de l'autre. Ainsi, les communautés chrétiennes construisent-elles leur identité sur l'a-signifiance de la femme.

L'affirmation du discours masculin est ainsi obtenu par le renoncement de la femme à son propre discours. Et derrière le voile de l'a-signifiance, caution du silence féminin, le discours masculin cache son reflet, en l'occurrence le corps de la femme, en se préservant ainsi d'une douloureuse remise en question.

Mais l'obsession du discours masculin doit être tenace, pour que, de nos jours, on impose encore le voile, miniaturisé en mouchoir, aux touristes féminines, qui moyennant cette soumission, ont ainsi le droit de circuler dans les basiliques italiennes.
 
Avec la disparition progressive du voile, c'est sans doute la ritualité de l'a-signifiance qui meurt peu à peu. En fait, ce n'est pas la femme qui se dévoile, c'est plutôt la société civilisée qui incorpore à son discours, les laissées pour compte du discours primitif.

Cette obsession n'a toutefois pas encore totalement disparu de certaines sensibilités ni de certains discours maçonniques. La non reconnaissance des femmes par les loges pratiquant le Rite Ecossais Anciens et Accepté peut d'ailleurs apparaître d'autant plus déconcertante, que ces loges reçoivent dans leurs travaux, sans que cela semble leur poser problème, des frères affiliés à des obédiences mixtes et donc initiés par des femmes !

Au Grand Orient De France, l'initiation des femmes et leur participation aux fonctions électives de l'obédience, dans une société plus juste et plus éclairée, dont la franc-maçonnerie revendique la construction, se situerait désormais au niveau du simple bon sens.
 



Le miroir -

 

L'émergence du moi.


moiLe "stade du miroir", décrit par Freud et repris par Lacan, définit l'expé-rience par laquelle se constitue un sujet. Il représente le moment de l'acquisition d'un processus d'identi-fication de son propre corps. Mais cette expérience préfigure l'oppo-sition du sujet et du moi. Dans le "stade du miroir", le moi se constitue en assumant l'image de lui-même qu'il ne trouve plus dans l'autre. Cette image lui est donnée par le miroir où il appréhende la forme de son corps dans un mirage, image fictive qui constituera, par la suite, le fond, la trame, sur laquelle s'établira tout ce qui sera, pour le sujet, sa relation avec la réalité.

En appliquant la philosophie Hége-lienne à la psychanalyse, Lacan a démontré que pour se reconnaître, en tant qu'être humain, l'homme a besoin de se reconnaître dans un miroir. C'est ce qui donne une valeur symbolique au "stade du miroir" dans l'évolution psychique de chacun. Car il nous oblige à prendre conscience de notre différence avec l'autre, de nos propres limites ainsi que de la distinction entre ce qui est intérieur et extérieur, moi et autre.

Qu'il soit jubilation de l'appropriation de l'image de son corps devant le miroir, selon Lacan, ou bien épreuve douloureuse, pour Dolto, de la découverte de la différence qui existe entre l'image que lui renvoie le miroir et ce qu'il est (ou voudrait être) réellement, le stade du miroir a bien une valeur décisive dans le développement de la personnalité.

L'autre, miroir de soi.

L'accession à la conscience de soi est tributaire du contact avec un autre être conscient de lui-même. Car la conscience de soi ne peut naître sans l'image qui est renvoyée par le regard de l'autre. Elle ne relève pas du domaine du réel, mais du domaine du symbolique, car elle n'existe pas "en" et "par" soi, mais bien dans la relation à l'autre.

Le regard va constituer un concept fondamental puisque c'est lui qui va permettre l'identification au semblable. L'image de mon corps passe par celle, que j'imagine dans le regard de l'autre, ce qui fait que ce regard touche à ce que j'ai de plus cher en moi, donc de plus narcissique. Ainsi, j'ai besoin de l'autre pour me reconnaître, car ce que l'autre veut voir en moi, dépend de ce qu'il accepte ou refuse d'y voir un autre lui-même.

La loge maçonnique est un miroir dans lequel chacun est "reconnu comme tel". Mais paradoxalement, ce miroir  montre à chacun ce qu'il est, ce qu'il ne veut pas être, ou même ce qu'il voudrait ne pas être.

Dans le cabinet de réflexion, éclairé par une simple bougie, le candidat se trouve face à un miroir (et un crâne - autre miroir) porteurs de l'injonction : "regarde-toi tel que tu es" (et tel que tu seras). Et le second miroir, qui lui est présenté à la fin de la cérémonie de réception, dans la loge illuminée, lui renvoie successivement sa propre image, "émergence du moi", puis le regard de son parrain, "reconnaissance par l'autre", renouvelant ainsi, dans le processus de l'initiation maçonnique, l'expérience fondamentale du "stade du miroir".

 

MAJ 24 04 2010 GA *

 

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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 16:50

1 - Paroles dégelées

RabelaisLa tradition fait naître François Rabelais en 1394 à la Devinière, à une portée de fusil de l'Abbaye de Seuilly, où il acquiert les premiers rudiments scolaires. Il trace dans Gargantua une joyeuse satyre de ses  premières études et de la théologie scolastique qui lui a été infligée au cours de son noviciat de moine franciscain.

Après avoir jeté son froc de moine pour prendre celui de prêtre séculier, Il se fait inscrire à la faculté de Médecine de Montpellier. Puis il part à Lyon, comme médecin, à l'Hôtel Dieu de Notre Dame de la Pitié du Pont du Rhône.
Mais son poste de médecin et ses recherches de savant lui rapportent peu. Il n'est donc pas riche.

En lisant les Chroniques du Grand et Enorme Géant Gargantua, il songe alors qu'il s'est vendu en deux mois plus d'exemplaires de ce petit livre qu'il ne sera acheté de Bibles en neuf ans et qu'il écrirait lui-même sans grande peine un ouvrage du même billon. Il prend donc comme héros le fils même de Gargantua, qui vient d'avoir tant de succès. Ainsi naît Pantagruel ...

Paroles dégelées

"J'ai lu quelque part, qu'un philosophe nommé Pétron pensait que plusieurs mondes se touchaient entre eux et formaient un triangle équilatéral au centre duquel se trouvaient le séjour de la Vérité, ainsi que les représentations de toutes les choses passées et futures ... Il me souvient aussi qu'Aristote pensait que les paroles volent et sont donc animées. Aussi, lorsqu'elles sont prononcées par un rude hiver, elles gèlent, se transforment en glace, et personne ne les entend plus. Ainsi, ce que Platon enseignait aux jeunes gens le comprenaient-ils à peine au soir de leur vie ... Il conviendrait donc de nous demander si nous nous trouverions ici dans un lieu où de telles paroles peuvent dégeler".

C'est ainsi que Rabelais nous raconte, au chapitre LV du Quart Livre, comment Pantagruel entendit en haute mer diverses paroles dégelées ... Voici donc un livre qui n'est pas l'œuvre d'un bouffon, ni d'un farceur trivial, mais bien celle d'un génie raffiné qui raillait le genre humain et la crédulité de ses espérances. Un génie, qui pour découvrir l'idéal humaniste, avait affranchi sa conscience du pouvoir millénaire de la pensée médiévale, en prenant délibérément position sur la rive opposée de la culture officielle, en se mettant toutefois à couvert sous le masque du carnaval et de la folie, comme il le fait assez bien comprendre lui-même dans son prologue :

"Les Silènes étaient jadis de petites boîtes comme on en voit à présent dans les boutiques des apothicaires et sur lesquelles étaient peintes des figures amusantes et frivoles et autres images semblables, pour inciter les gens à rire, à l'instar de Silène, maître du bon Bacchus. Mais à l'intérieur, on conservait de précieux ingrédients comme le baume, l'ambre gris, l'amome, le musc, la civette, les pierreries et d'autres choses de grande valeur ... A votre avis, pourquoi ce coup d'envoi ... C'est (parce) qu'il faut ouvrir ce livre et peser soigneusement ce qui y est exposé. Vous verrez alors que ce que ce que vous y découvrirez, est bien d'autre valeur que ne le promettait la boite ...". - Prologue de Gargantua.


Là où il ne trouve pas encore, Rabelais entrevoit, promet, dirige. Il est l'un des créateurs de la Nouvelle Littérature et probablement le plus démocratique de ses chefs de file, visant à un rejet de toute forme d'intolérance et à la primauté essentielle de l'Homme, par le respect de son éminente dignité et de sa féconde Liberté.

Un géant du rire

Mais, que peut-on dire de sérieux sur Rabelais dans notre langage sérieux ? On ne saurait parler de lui quand on ne parle pas comme lui. Et seul Coluche aurait osé dire quelle partie de lui-même Grandgousier se chauffait à un clair feu de bois, ou celle que Gargantua avait inventé de se torcher d'une manière révélatrice. Alors, que faire d'un géant du rire, dont le langage est la substance et l'ivresse ? Que faire de celui par qui le scandale arrive, mais qui seul, avec Molière peut-être, soutient la comparaison avec quelques géants étrangers ? Et surtout, comment aborder une réflexion sur Rabelais avec un regard résolument tourné vers le futur ?

Peut-être en se demandant pourquoi il est impossible d'éviter de réfléchir son propre portrait dans le miroir qu'est par définition un chef-d'œuvre. Car il n'existe aucun lecteur sérieux qui n'ait trouvé, dans les silènes, autre chose que sa propre image. Voilà qui place l'œuvre de Rabelais au cœur du véritable étonnement philosophique, au chapitre des miroirs...

Et l'on peut se demander si la question du miroir n'est pas précisément la question fondamentale de la littérature.  Car la véritable question est bien de savoir comment est construit un chef-d'œuvre, en forme de miroir. Et l'on essayera donc d'observer comment le miroir est construit, en tant que lieu spéculaire des métamorphoses de notre propre moi symbolique.

Je ne bâtis que pierres vives

Ainsi Rabelais décrit-il lui-même ceux à qui ses livres sont dédiés : "Les beaux bâtisseurs de pierres mortes ne sont pas écrits dans mon livre de vie. Je ne bâtis que pierres vives, ce sont les hommes" ... Ainsi le rôle de l'œuvre est-il d'engendrer ses propres lecteurs. Et Pantagruel, géant de la soif, engendre une soif inextinguible :

"Et n'ayez pas peur que le vin manque, comme aux noces de Cana en Galilée, autant vous en tirerez au fausset, autant j'en entonnerai par la bonde. Ainsi le tonneau restera-t-il inépuisable. Il possède une source vive et un courant intarissable ..."
- Prologue du Tiers Livre.


Portrait de Rabelais par un peintre anonyme, 
D'après un portrait du XVIIème siècle de Ecole française - Musée des Beaux-Arts d'Orléans.

                                                                                                                              
 
Maj 18 01 10 *

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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 16:45

2 - L'oracle de la Dive Bouteille

deviniereThélème, l'utopie humaniste

Le long de la Loire, passés Langeais et Bréhémont, à deux lieues de la grande forêt de Port-Huault, se trouve le Pays de Thélème. Thélème ! L'allégorie qui termine le récit de Gargantua, l'Utopie Humaniste qui peut apparaître comme un retour possible à l'âge d'or. Toute la vie (des Thélémites) était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Et leur règlement se limitait à cette clause : 

                     FAIS CE QUE TU VOUDRAS.

Et grâce à cette liberté, ils rivalisaient d'efforts pour faire tous ce qu'is voyaient plaire à un seul.
Mais toute grande pensée, tout grand effort se concluent nécessairement par un échec. Sinon, ce serait le signe d'ambitions bien modestes et bien confortables.

Je ne vous citerai pas la liste de tous ceux qui ne sont pas invités à entrer dans l'Abbaye de Thélème. Elle sert en effet trop souvent à ceux qui veulent se donner l'air, sans en avoir l'air, de jouer les coquins affranchis des bons usages en loge et qui démontrent même parfois, par le tracé géométrique du théorème de Pythagore, que la loge est bien un microcosme où tout se passe, sans que rien ne se passe.

Je vous citerai plutôt ceux qui sont invités à y entrer par l'inscription qui se trouve sur la grande porte de l'abbaye :

"Entrez ici, vous qui prêchez le Saint Evangile d'un esprit non débile... En ce lieu sont accueillis les Grands de ce monde et les gens simples du Peuple. Vous y serez mes intimes, mes familiers, mes aimables compagnons. Entrez aussi, Dames de Haut Parage, en ce lieu est le séjour d'honneur" ...

Deux siècles plus tard, à l'aube de la Révolution, Condorcet dira :

"Il faut accorder aux femmes une éducation semblable à celle que l'on dispense aux hommes. Le génie féminin ne se borne pas à la maternité. La femme peut accéder à toutes les fonctions. Seule l'injustice et non la nature lui interdit le savoir et le pouvoir" ...

Mais malgré le droit de vote et les déclarations d'intention, il sera sans doute nécessaire, même en franc-maçonnerie, d'attendre encore un certain temps, avant de constater une réelle évolution de certaines mentalités.

L'oracle de la Dive Bouteille.

Je veux me marier, dit un jour Panurge à Pantagruel. Mais faut-il se marier au risque d'être cocu ? Pour le savoir, les deux compères font appel à la divination. Mais ni les dés, ni la Sibylle de Panzoult, ni l'astrologie, la théologie, la philosophie, ni même les fous ne sont en mesure de leur apporter une réponse satisfaisante.

C'est donc en désespoir de cause que les deux amis décident d'aller consulter l'Oracle de la Dive Bouteille. Après de longues navigations, racontées dans le Quart et le Cinquième Livres, ils arrivent enfin à l'île désirée. Là, ils descendent sous terre par quatre niveaux et découvrent à la porte du Temple deux plaques portant les inscriptions suivantes :

               "La Destinée mène celui qui consent, tire celui qui refuse" 
               "Toutes les choses se meuvent à leur fin"
...


Dans le Temple, éclairé par une Lanterne admirable, ils sont conduits par la Vénérable Pontife Bacbuc vers une belle fontaine dont l'eau a le goût de vin, selon l'imagination des buveurs. Puis Panurge est présenté devant la Dive Bouteille et c'est alors qu'il reçoit le MOT : "Trinch !".

"Tel est, dit Rabelais, le mot le plus joyeux et le plus divin que l'on puisse entendre : "Buvez !" Car boire est le propre de l'Homme. Mais non pas boire simplement et absolument, car les bêtes boivent aussi bien. Car dans ce vin là est caché la vérité et il a ainsi le pouvoir de remplir l'âme de toute vérité, de tout savoir et de toute philosophie".

Le Grand Pan

Leur voyage terminé, les deux amis sont invités à : "Aller, sous la protection de cette sphère spirituelle, dont le centre est partout et la circonférence nulle part, que nous appelons Dieu" - fin du voyage et du Cinquième Livre.

"C'est le Grand Pan, le Bon Pasteur, qui éprouve non seulement de l'affection pour ses brebis, mais aussi pour ses bergers. A sa mort, il y eut des plaintes et des lamentations dans toute la machine de l'Univers. Car selon l'interprétation qui est la mienne ce Pan, très bon et très grand, notre unique Sauveur, mourut près de Jérusalem, sous le règne de Tibère César" - Quart Livre, chapitre XXVIII.

Ainsi, le Grand Pan est mort et il a emporté La Parole. C'est Rabelais qui le dit. Nous pouvons donc le croire sur Parole.

Prenez et buvez …

La Devinière - Maison natale de Rabelais
Maj 18 01 10 *

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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 13:58

Jlg1L'article a été divisé en deux car toutes les vidéos ne se chargent pas sur un seul. 

Au  plus  creux de la vague,  dans les cœurs  serrés par les angoisses du siècle, un élémentaire besoin de rêve demeure toujours... C'est alors que paraît un mince livre exprimant en quelques pages très simples cette faim d'évasion, de beauté et de bonté.

Après la mort des illusions, Saint-Exupéry, illuminant la nuit française, nous a apporté en 1942 le Petit Prince. En Angleterre, quand l'Empire et la morale de Victoria croulent sous les bombes de la Luftwaffe et l'arrivée des G.I., Paul Gallico publie Snow Goose. Aujourd'hui, d'une Amérique désemparée par le sexe, le matérialisme et l'inquiétude, nous arrive Jonathan Livingston le Goéland de Richard Bach. Trois grands petits livres, trois timides rayons de soleil dans l'ombre des orages, écrits tous trois par des aviateurs. Ce n'est pas une coïncidence ...

Le Petit Prince aura bien plus marqué ma génération que Citadelle, Vol de Nuit ou Terre des Hommes. Les trente et une pages du Snow Goose de Paul Gallico feront pleurer l'Angleterre héroïque et désespérée de 1940.

Le Petit Prince, par la limpidité classique du style, l'architecture de l'histoire, la simplicité poétique, immaculée des images, est français, purement français, accessible aux autres en tant que tel. Jonathan le Goéland est universel, quelles que soient la philosophie, la race ou la religion du lecteur ... C'est pourquoi un tel livre est si rare.

Après trois ans de clandestinité au sein de cercles restreints de lecteurs initiés, Jonathan Livingston le Goéland est apparu au grand jour. J'avais lu. il y a bientôt dix ans. Stranger to the Ground … Richard Bach, pacifique rêveur, doux poète, enfermé par l'amour du ciel dans le poste étroit d'un chasseur à réaction F-84-F, refusait déjà la haine imposée, se débattant entre ces loyautés aux lois et aux conventions qui sont parfois contradictoires avec celles du cœur … Ce texte nous laisse entrevoir Richard Bach, homme de bonne volonté, étranger sur terre, pilote et écrivain.
Ijlg02
Il ne reste plus qu'à lire son Jonathan le Goéland avec le cœur, omme on lit une parabole d'Évangile, et se sentir peut-être ensuite un peu meilleur.

Pierre Clostermann - Le Chesnay, janvier 1973.                            
Extraits de la préface à l'édition française - flammarion 1973.                                                        Le scénario
   



 Si le débit de votre connexion Internet est trop faible pour visionner correctement les vidéos, laisser le chargement s'exécuter presque intégralement et relancer manuellement la lecture depuis le début de la vidéo.
                                          
                                 



   

                                                   Voir la seconde partie                                        


Maj 24 02 2010
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 12:58

 Si le débit de votre connexion Internet est trop faible pour visionner correctement les vidéos, laisser le chargement s'exécuter presque intégralement et relancer manuellement la lecture depuis le début de la vidéo.                


JLG-libreblogLes contes, comme les symboles, cachent des vérités derrière des images. Dans ce conte initiatique, la Quête éperdue de la liberté exige le perpétuel surpassement de soi et conduit à l'amour absolu de ses semblables, résumé par ces quelques mots de Jonathan à son élève Fletcher : "Aime les comme ils sont" ...

L'histoire de Jonathan Livingston le Goéland  nous interpelle particulièrement, si l'on veut bien voir, dans l'initiation, la traversée des épreuves à travers lesquelles l'être humain met à nu, lentement, cette étincelle qui est en lui et qui, une fois révélée, éclaire l'univers et lui donne un sens. On y retrouve, toutes les étapes qui blasonnent l'itinéraire maçonnique, jusqu'à la "mort symbolique" de Fletcher au terme de son apprentissage.
                                                                      Photographie de Jordi Olavarrieta - flammarion 1981

                             

 



Adapté du roman de Richard Bach, le film nommé aux Oscars, est d'une incroyable beauté et réellement magique. La musique originale, de Neil Diamond, constitue un véritable enchantement et a reçu un Grammy et un Golden Globe.
                             

 



 

 


                                            

Jonathan Livingston le Goéland + Jonathan livingston le goéland + Jonathan Livingston le Goéland (B.O.F.)
                Amazon.fr    Prix pour les trois (Port inclus) : EUR 21,66

Maj 12 01 10
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