Présentation

  • : Propos maçonniques
  • : 25/02/2008
  • : Puissent ces quelques propos témoigner de la permanence de la recherche d'une vérité fuyante et incertaine, accaparée par ceux qui, prétendant la détenir, vou-draient l'imposer, même par la tyrannie. Ce blog n'engage que ses auteurs. Il est dédié à tous les frères et soeurs, orphelins d'un projet maçonnique exigeant et cohérent, pour des lendemains à repenser, à rebâtir, à rêver.
  • : Philosophie Franc-maçonnerie Culture
  • Retour à la page d'accueil

Le Blog

"Comment Panurge, Carpalim,
Eusthènes, Epistémon,
Compaignons de Pantagruel,
déconfirent six cents soixante
Chevaliers bien subtilement" .
Rabelais - Pantagruel (Ch. 25).

Depuis le 28 février 2008,
25.318 visiteurs uniques,
de 43 Pays ou Territoires,
ont consulté 79.294 pages
 de ce blog.

Contact

      blog@troispoints.info

Recommander ce Blog

overblog

Rechercher

Derniers Commentaires

Syndication

  • Flux RSS des articles
Samedi 30 mai 2009

Plotin, une intense expérience initiatique -

Parmi les sources de la franc-maçonnerie - ensemble ouvert de rites et de symboles proposés à la méditation, on cite d’abord, habituellement, les traditions pythagoriciennes des maçons "opératifs" du moyen âge. Ces traditions se retrouvent également dans le Compagnonnage. Les historiens, et les auteurs plus spécifiquement maçonniques, citent aussi d’autres sources plus ou moins anciennes : les unes remontent à l’hermétisme gréco-égyptien, les autres à certains courants de la mystique juive, notamment la kabbale.

Ils ont un peu plus de mal à considérer de façon consensuelle dans les sources de la franc-maçonnerie certains courants de la mystique chrétienne - en particulier la "théologie négative" - quoique la chose soit particulièrement constatable en certains degrés de l’Ecossisme ou dans certains rites. Cela se comprend.

Plus étonnant est le fait que les spécialistes des sources maçonniques ne font que rarement mention de Plotin qui vécut au troisième siècle, entre 205 et 270, alors que sa pensée, sa morale et la conduite de sa vie peuvent être authentiquement considérées comme pré-maçonniques. On les connaît par cinquante quatre traités (regroupés par neuf, en six Ennéades) et par la vie de Plotin que rédigea son disciple Porphyre.

Parler de Plotin, c’est prendre le risque de faire d’abord étalage d’érudition philosophique. Risque à prendre, car remonter à une source "plotinienne" de la franc-maçonnerie ouvre à bien davantage pour le franc-maçon qu’au plaisir vain de jouer à l’érudit. On y découvre une intense expérience initiatique. Comme la plupart des philosophes de l’Antiquité - comme Socrate, Diogène ou Sénèque - Plotin voulait en effet que sa propre vie soit le premier témoin de la vérité et de la cohérence de ses pensées. Il vécut à une époque d’intense compétition religieuse et spirituelle, au sein d’un empire romain déjà largement menacé à ses frontières et qui voyait s’affronter quantité de sectes religieuses dont l’une allait s’imposer, un siècle plus tard, comme l’alliée exclusive du pouvoir impérial finissant.

Dans ce monde prêt à se disloquer, Plotin était hanté par la pensée de "l’Un". Voulant être cohérent en lui-même, recherchant en lui l’unité de la pensée et de l’action, mais laissant librement sa pensée aller jusqu’à vouloir rendre compte de ce qui est le plus grand bonheur à vivre - l’extase amoureuse - il fait assurément partie des auteurs à propos desquels on peut parler de "maîtrise" …

Les commentateurs de Plotin l’ont rangé, par commodité raisonnable, parmi les néo-platoniciens. Rangement sans doute trop réducteur. Si la doctrine platonicienne est la base sur laquelle Plotin a construit le temple de sa pensée, on a également établi chez lui la trace profonde d’influences plus orientales - du côté de l’Inde et autour - sans doute venues de ce qui préparait alors l’enseignement du Vedanta. Influences ou intuition ? La question demeure marginale, ce d’autant plus qu’il y eût sans doute convergence d’influences et d’intuitions.

Plotin parle d’un Dieu unique, ou plutôt de "l’Un". Impersonnel. Inconnaissable. Il n’était pas chrétien. Disciple d’un certain Ammonius dont on ne sait presque rien, il laisse pressentir la profondeur des traditions spirituelles qui s’étaient formées depuis des siècles dans l’Egypte hellénistique. Traditions perdues, les unes parce qu’elles étaient strictement orales, les autres parce que leurs rares écrits ont disparu dans les saccages successifs de la bibliothèque d’Alexandrie.


Maj 19 10 09 - GA - L0
Par Pierrick - Recommander - Communauté : Franc-maçonnerie
Ecrire un commentaire - Publié dans : Franc-Maçonnerie
Vendredi 29 mai 2009

De la pierre brute à la lumière -

Comment montrer en quelques mots la qualité pré-maçonnique de la pensée de Plotin ? Il faut là-dessus séparer sa morale, en tant qu’elle est méthode, de la vision physique, esthétique et métaphysique qui constitue le fond de la pensée. La morale de Plotin s’exprime comme il se doit aussi bien dans la relation avec soi que dans la relation avec l’autre. Sa morale de la relation avec soi est presque entièrement résumée au chapitre neuf du sixième traité - "Sur le beau" - de la première Ennéade.

Ce texte mérite d’être longuement cité car il fourmille d’énoncés qui seront amplement repris comme enseignement en divers degrés de la franc-maçonnerie : "Reviens en toi-même et regarde : si tu ne vois pas encore de beauté en toi, fais comme le sculpteur d’une statue : il enlève une partie, il gratte, il polit, il essuie jusqu’à ce qu’il dégage de belles lignes dans le marbre : comme lui, enlève le superflu, redresse ce qui est oblique, nettoie ce qui est sombre pour le rendre clair, et ne cesse pas de sculpter ta propre statue, jusqu’à ce que l’éclat divin de la vertu se manifeste, jusqu’à ce que tu voies la tempérance siégeant sur un trône sacré … Es-tu devenu cela ? … Est-ce que tu as avec toi-même un échange pur, sans aucun obstacle à ton unification ? … Es-tu tout entier une lumière véritable ?"  …

En quelques mots, Plotin passe ainsi de la pierre brute à la lumière. Quant à la relation avec l’autre, les valeurs qu’indique Plotin tendent à construire un "lieu sacré" pour l’échange, équivalent à la fraternité pythagoricienne ou à la loge maçonnique.

Avant d’aborder le fond où l’on va le découvrir comme celui qui approfondit le plus, avec une incomparable subtilité psychologique, la réflexion sur les différentes formes de l’amour initiée plusieurs siècles plus tôt dans les dialogues de Platon, il faut indiquer que Plotin se veut un "pédagogue" respectueux et exigeant quant à la relation avec l’autre. "Simplicité, largeur d’esprit, bienveillance, sympathie attentive, tel était le secret de la pédagogie plotinienne" - (P. Hadot : Plotin, ou la simplicité du regard). D’où la façon dont il voit le Bien : "Le Bien est plein de douceur, de bienveillance et de délicatesse. Il est toujours à la disposition de qui le désire" - (Ennéades V, 5, 12, 33).

La franc-maçonnerie ne peut avoir d’autre ambition. Aucune contrainte, totale liberté, essentielle générosité d’être. Plotin accepte d’accueillir quiconque à son enseignement et demande à ses auditeurs de prendre l’initiative des questions. Mais il ne laisse pas faire, ni dire n’importe quoi : "notre philosophie recherche la dignité, non l’arrogance : si elle nous donne confiance, c’est une confiance accompagnée de raison, de beaucoup de solide prudence et d’une très grande circonspection" - (Ennéade II, 9, 14, 38).

Sur le fond, il est difficile de résumer la pensée de Plotin, et notamment sa doctrine des "hypostases" et le double mouvement de l’Intelligence divine et humaine entre l’Un et le multiple, d’abord dans la "procession" vers le multiple, puis dans le retour à l’Un. Cependant, sa démarche peut se comprendre par quiconque s’inscrit dans une progression initiatique fondée sur l’inséparabilité de soi et des autres, et la conception spirituelle de l’amour qui en résulte.

On peut dire ainsi que, voyant la beauté des êtres vivants ou de certaines choses inanimées, et ressentant un "transport" en chacune de ces rencontres, Plotin accepta l’idée que tout émanait d’une réalité primordiale indicible. Et il fut convaincu, au contraire de Platon, que cette réalité, loin d’être dans un autre monde - ce en quoi il s’opposa également au dualisme intégriste des Gnostiques - commençait à se manifester dés l’éveil intérieur à une conscience plus large.


Maj 19 10 09 - GA - L0
Par Pierrick - Recommander - Communauté : Franc-maçonnerie
Ecrire un commentaire - Publié dans : Franc-Maçonnerie
Jeudi 28 mai 2009

Maître Eckhart, une autre source de la libre pensée maçonnique -

Plotin s’intéresse aux images autant qu’aux mots pour "sortir" ce qu’il pense. En le suivant, on commence à entrevoir ce que toute spiritualité - y compris maçonnique - imagine, plutôt qu’elle ne le pense - à propos de la cause première de toute forme de vie. Y compris la vie de l’esprit, la circulation de la parole. De leur côté, nombre de mystiques religieux et athées n’ont cessé de parler de limpidité, de nudité, d’immobilité à propos du "fond de l’âme", du "fond de soi". Qu’est-ce qui peut sortir d’une réalité parfaitement limpide, nue, immobile comme une eau qui fait miroir ou transparence, sinon une image, simplement une image ?

De fait, en toutes visions spirituelles et symboliques, on en revient à la puissance intérieure de l’image, et à sa puissance communicatrice. Comment oublier en écho que le franc-maçon naît en tant que tel à la suite de quelques épreuves, dont celle du miroir, et ne se laisse reconnaître que par ce qu’il réussit à communiquer ? Comment calmer et polir l’esprit pour qu’il devienne miroir limpide, reflet pur, transparence ?

Plotin parle d’un chemin délicat à suivre à travers différents niveaux de conscience. Il décrit un travail sans fin, une difficile conversion du regard, une sensibilité grandissante à la beauté, à la présence de l’indicible. Il postule la nécessité du détachement de soi. Il dit que l’échec, s’il vient, naît de ce que l’on ne retranche pas suffisamment de soi ce qui n’est pas conforme à l’essence recherchée. Il pointe l’insuffisance des mots, le manque d’humilité, le fait que l’on ne cherche pas la vérité du réel là où elle est la plus "comme une", la plus commune. Cette approche essentielle de la réalité, on la retrouvera chez une autre source surprenante - encore peu reconnue en tant que telle - de la libre pensée maçonnique : Maître Eckhart.

Eckhart von Hochheim (1260 - 1327) est un théologien et philosophe dominicain, le premier des mystiques rhénans. Il étudia la théologie à Erfurt, puis à Cologne et à Paris. Il enseigna à Paris, prêcha à Cologne et Strasbourg, et administra la province dominicaine de Teutonie depuis Erfurt. Poussant à l’extrême la volonté de dénuder la pensée concernant Dieu de toute illusion égocentrique - et ne voulant attribuer à Dieu que l’amour - Maître Eckhart ne va pas dire autre chose dès son quatrième sermon. Il parle du plus intime de l’âme, de ce lieu secret où toutes choses se doivent d’être "présentes et intérieurement vivantes et en recherche" ... Attitude de quiconque veut réellement connaître.

Il demande : "Pourquoi n’en trouves-tu rien ? Parce que tu n’es pas là chez toi. Plus noble est la chose, plus elle est commune ... Le sens, je l’ai commun avec les animaux. Et la vie, je l’ai commune avec les arbres ... L’être, je l’ai en commun avec toutes les créatures ... Le ciel est plus vaste que tout ce qui est en dessous ... C’est pourquoi, il est le plus noble ... L’amour est noble parce qu’il est commun".

Plotin, puis Eckhart, parlent d’amour et de connaissance, des expériences les plus belles de la vie, et ils disent que ce sont les plus communes. Captivés l’un et l’autre par le lien entre amour et beauté, ils remarquent que, dans l’ordinaire du temps, nous ne pensons être nous-mêmes qu’en nous séparant des autres, en criant : "moi, moi, moi !".

Mais que, dans la contemplation de Dieu, ou devant un paysage sublime, ou bien - étant amoureux - devant l’être aimé devenant tout pour soi, ou bien lorsqu’une œuvre d’art nous pénètre à ce point où nous devenons son mouvement même en perdant conscience de toute autre chose, à ces moments-là nous ne sommes plus conscients de nous, nous sommes la totalité de ce que nous ressentons. Nous sommes Un. A
près, nous découvrons, stupéfaits, que nous étions infiniment plus "nous-mêmes" dans cet oubli, qu’auparavant.

A un autre plan, c’est également - faut-il le rappeler ? - l’expérience rare mais inoubliable de "l’égrégore" des loges qui s’attachent à travailler de leur mieux sur le chantier de l’initiation maçonnique. Le bonheur - "Dieu" - cela vient lorsqu’on se sent inséparé de l’autre et du monde.

C’est à partir de cette expérience accessible à tous et toutes que Plotin justifie l’Un comme fondement de l’Etre. Il l’exprime en langage néo-platonicien. Dans cette même perspective, Eckhart inscrit de façon splendide le riche vocabulaire de la théologie chrétienne médiévale. "Dieu" sort de l’Un par la liberté du "Père", le Père engendre le Fils dans l’égalité la plus absolue, et entre eux existe aussitôt l’Esprit qui est amour. La Trinité Père - Fils - Esprit est d’emblée liberté - égalité - amour.

Là-dessus pourront venir et s’exprimer à leur façon d’autres enseignements, dont ceux - discrets et symboliques - de la franc-maçonnerie. Tous ces enseignements, à commencer par ceux de Plotin et d’Eckhart ont en commun de douter de leurs propres mots. Et c’est toujours, en eux, la quête de la Parole perdue.

Lorsqu’ils parlent, les initiants savent qu’ils vont bientôt devoir se taire, et cela, ils ne le craignent pas. Ils ont découvert que le meilleur d’eux-mêmes a lieu quand ils sont en dehors d’eux, et que leur parole n’est là que pour les transporter au dehors de ce qu’ils sont. Ils ont réalisé que la parole commence par dire "je suis celui qui suis" et finit par reconnaître : "je suis ce que je suis".

Puis, c’est le détachement définitif de soi, le silence. Et c’est dans le silence que la parole renaît : "je suis". La mort n’y peut rien : "mort, je suis celui qui parle sans être là" ...
 


Maj 19 10 09 - GA - L0
Par Pierrick - Recommander - Communauté : Franc-maçonnerie
Ecrire un commentaire - Publié dans : Franc-Maçonnerie
Jeudi 28 mai 2009

Une anticipation de l'initiation maçonnique -

Plotin eût de lourdes peines avec le vieillissement, la maladie et la déchéance de son propre corps. Il ne cesse cependant pas de parler de la beauté du corps dans le regard amoureux. Cette beauté est allusive d’une autre. Il parle d’une "beauté merveilleuse (qui le rend) certain alors d’appartenir au monde supérieur". Supérieur, mais non séparé.

Il va plus loin : il s’interroge sur ce qui nous fait si rapidement oublier l’extase du détachement de soi qui intervient dans la vision amoureuse de la beauté du corps et des choses, dans la vision de leur unité. Pourquoi revient-on si vite à ce qui nous rétablit illusoirement, de mauvaise foi, dans une séparation des autres et du monde ? Réponse : nous ne sommes pas prêts à "partir" longtemps. Nous ne voulons pas vraiment voyager.

C’est alors le retour sur des bases fausses mais rassurantes. Repli de l’être qui veut se sentir bien protégé, séparé, "chez soi", distinct. Triche en conscience, jeu avec l’oubli. On éteint le souvenir du "plaisir de se perdre" en ce qu’il eut de départ initiatique

Maître Eckhart se tient sur la même ligne et anticipe lui aussi l’initiation maçonnique. Ce que les hommes ne sont pas capables de longtemps tenir, c’est pour lui la "naissance de Dieu en l’âme". Naissance de la parole, du "Logos". Avec le désir incessant de fixer son identité, tout être humain veut devenir "ceci ou cela" alors que cette naissance de la parole est celle d’une conscience de liberté divine où l’on n’est "ni ceci, ni cela".

Car les hommes ont peur de cette liberté-là, ils craignent que Dieu ne soit pas l’Assureur en dernier recours de leur identité personnelle. Eckhart fait en effet comprendre que Dieu ne dit jamais, ni qui on est, ni qui il est. C’est pourquoi les religions - première forme établie du système des assurances - "créent Dieu dans les croyances", selon le propos infiniment lucide, du côté de l’Islam, du soufi Ibn Arabi.

En instituant leurs religions, les hommes montrent qu’ils ne peuvent pas vraiment accepter que Dieu puisse n'être "ni ceci, ni cela"… Les religions prétendent désirer Dieu, mais c’est déjà mauvaise foi. Eckhart le note : "désirer Dieu sous un mode, c’est désirer le mode, et non Dieu".

Qui est Dieu ? Pour répondre, mieux vaut savoir aussi qui nous sommes. Plotin, déjà, s’était interrogé (Ennéade VI, 4, 14) sur qui l’on est : "Mais nous… Qui "nous" ? Sommes-nous la partie de l’âme qui demeure toujours dans l’esprit, ou bien sommes-nous ce qui s’est ajouté à elle et qui est soumis au devenir du temps ? … Un autre homme s’est attribué à nous et il s’est ajouté à celui que nous étions à l’origine… et ainsi nous sommes devenus les deux, et plus d’une fois nous ne sommes plus celui que nous étions auparavant et nous sommes celui que nous nous sommes ajouté ensuite : l’homme que nous étions cesse d’agir et en quelque sorte d’être présent".

L’insoutenable légèreté de l’être
se dit désormais avec le langage positif des sciences de la psyché. Avec une science qui ne se reconnaît comme telle que si elle énonce des choses réfutables, nous pouvons aujourd’hui choisir d’autres mots convenus pour le dire, la réalité demeure la même.

Remonter à Plotin, quand on est franc-maçon, c’est mieux éclairer la profonde faiblesse "ontologique" qui fait recourir, d’un jour à l’autre, au repli sur l’individualisme, au désir d’accaparer, à l’acceptation de la violence et de la concurrence, à la compensation illusoire avec des avoirs inutiles. Avec, en boomerang, la crainte tout aussi récurrente de perdre tout çà, et surtout la peur atroce de la mort.

Au contraire, remonter jusqu’à Plotin, c’est peut-être pouvoir mieux se rappeler que si vient un nouvel amour, ou une réconciliation entre l’autre et soi, ou que reprenne le sentiment d’une union intime avec les choses de l’univers, d’un coup, on aura moins peur. Ce sera une nouvelle liberté, un espace agrandi pour respirer le parfum de la vie. Et trouver en soi davantage de générosité d’être.
 


Maj 19 10 09 - GA - L0
Par Pierrick - Recommander - Communauté : Franc-maçonnerie
Ecrire un commentaire - Publié dans : Franc-Maçonnerie
Mercredi 27 mai 2009

"L'ombre se perdit dans le soleil" … -

L’initiation maçonnique est un voyage, mais la pensée de l’ego fonctionne par rapport à l’océan de l’esprit comme moule accrochée à son rocher. La moule, effectivement, ne va jamais très loin. Et l’on ne saurait dire qu’elle voit grand chose de la mer.

Le franc-maçon, s’il ose voyager, s’il cesse d’être moule, n’aura de cesse de découvrir l’immensité de la mer où il peut voyager librement, sans craindre les épreuves. Il peut voyager par Plotin et Eckhart, ou par bien d’autres. Libre à lui, pourvu que tous aient volonté de liberté, d’égalité, d’amour de ce qui est le plus commun. Et qui est le plus noble et le plus limpide.

Les sources qui mènent à la mer sont innombrables. Elles sont celles de "la négation de la négation", de la négation des limites qui prétendent identifier l’être, comme un policier identifie un coupable.

Le persan Attar - le parfumeur - donna, à la fin du Mantic Uttaïr (Le Colloque des oiseaux) une image aussi simple que belle de la négation de la négation : "l’ombre se perdit dans le soleil, et voilà tout"…

Ce fut à propos de la rencontre finale, après de multiples épreuves, du groupe des trente oiseaux - l’effectif d’une loge - avec le Simorg fabuleux qu'ils cherchaient ensemble. Pourquoi chacun des trente cherchait-il ainsi ?

Plotin le dit simplement (Ennéade VI, 7, 33, 22) : "ce qu’il a ressenti depuis le début, c’était, à partir d’une faible lueur, l’amour de cette immense lumière".

"Soi-même étant la lumière" …


Maj 19 10 09 - GA - L0
Par Pierrick - Recommander - Communauté : Franc-maçonnerie
Ecrire un commentaire - Publié dans : Franc-Maçonnerie
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés