Une victoire de l''évidence ...
Le convent du Grand Orient de France, réuni à Vichy, a confirmé jeudi 2 septembre 2010, par 51,5 % des votants, "les conditions d'admission au GODF sont celles figurant à l'article 76 du Règlement Général de l'association, à l'exclusion de toute autre, et qu'elles n'impliquent aucune considération de sexe."
La question de l'initiation des femmes était devenue, depuis des années, un sujet de discorde récurent dans l'obédience. Les loges du Grand Orient De France étaient (officiellement) autorisées depuis 1981, à recevoir, au cours de leurs tenues, des sœurs initiées dans d'autres obédiences. Mais seuls les hommes pouvaient être membres actifs de l'association et y exercer des fonctions administratives. L'an dernier le convent avait rejeté par 56 % des suffrages la possibilité pour les loges d'initier des femmes. Mais le vote avait été annulé pour vice de forme. Les sanctions prises à l'encontre des frères qui avaient procédé à l'initiation de femmes dans leur loge avaient dû être levées et les sœurs initiées avaient été inscrites au Tableau des loges concernées.
En fait, la moitié des membres du Grand Orient De France restent fermement partisans d'une pratique strictement masculine au sein de l'obédience. Et cette question pouvait constituer un risque de scission du Grand Orient De France (notamment en une fédération de trois obédiences, l'une masculine, l'une mixte et une autre féminine). Cette hypothèse n'a pas été retenue, car la division du Grand Orient De France en trois obédiences, fondées sur les mêmes principes, concourant aux mêmes buts et organisées selon les mêmes règles, identifiées sur le seul discriminant du sexe de ses membres, aurait constitué une rupture fondamentale avec les principes universalistes de la franc-maçonnerie libérale, en rajoutant trois couches supplémentaires au mille feuilles du paysage maçonnique qui compte déjà près d'une centaine d'obédiences ou organisations maçonniques en France.
Cette décision du convent constitue une victoire de l'évidence, dans la tradition libérale du Grand Orient De France. Elle met un terme à une situation conflictuelle, en permettant désormais aux loges qui le souhaitent d'initier des femmes tout en repectant le choix des loges qui ne souhaitent pas le faire. Désormais, des sœurs pourront donc régulièrement initiées au Grand Orient De France et exercer des fonctions électives au sein de l'obédience. Mais si des femmes seront bientôt titulaires d'offices dans leur loge, compte tenu de la très faible majorité exprimée par le vote des délégués au convent, il faudra probablement attendre encore un certain temps et une évolution significative des mentalités pour les voir siéger dans les instances nationales du Grand Orient De France.
Eusthènes, 6 septembre 2010
MAJ 19 11 2010
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