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  • : Propos maçonniques
  • : 25/02/2008
  • : Puissent ces quelques propos té-moigner de la permanence de la recherche d'une vérité fuyante et incertaine, accaparée par ceux qui, prétendant la détenir, voudraient l'imposer, même par la tyrannie. Ce blog n'engage que ses auteurs. Il est dédié à tous les frères et soeurs, orphelins d'un projet maçonnique exigeant et cohérent, pour des lendemains à repenser, à rebâtir, à rêver.
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Symbolisme

Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /2008 16:26

Une invitation au voyage -  

Au XIIIème siècle, dit Louis Gillet, la cathédrale toute entière devient un immense bas-relief, une prodigieuse cristallisation d'idées, une construction morale aussi liée et aussi logique que son architecture. On dirait une de ces montagnes d'Egypte couvertes de signes sacrés, où la matière devient esprit et l'on ne peut douter, en un sens, qu'elle ne soit un immense hiéroglyphe, un rébus, un mystère.

On ne peut songer à analyser ici dans le détail les statues et les vitraux, ni à décrire les personnages en distinguant les époques et les talents, mais il y a là, on l'a dit, un véritable miroir du monde. De la Genèse au Jugement Dernier, il y a là toute l'histoire depuis le premier jour jusqu'à la fin des temps, la création, les patriarches, les prophètes, les rois, toute la Bible. Chartres - Porche Nord - Sainte Anne au trumeau du Portail Central.
Il y a la naissance de Jésus, son enfance, sa vie sur la terre, ses miracles, sa passion et l'espérance du matin de Pâques. Il y a les apôtres, les saints, les martyrs, les vierges, l'église, la légende. 
Toutes les grandes cathédrales possèdent un calendrier de pierre. Paris, Amiens, Reims ont, comme Chartres inscrits dans leurs portails et leurs vitraux les signes du zodiaque associés aux travaux des mois. Il y a là le cours des astres et des saisons, les occupations de la terre, l'horloge de la vie et, associé aux symbolismes opposés mais complémentaires du ciel et de la terre, le troisième élément de la triade universelle : l'Homme véritable, en tant que fils du ciel et de la terre, et l'Homme transcendant, le Roi du monde, en tant que médiateur entre le ciel et la terre.

Il y a là le bien et le mal, les vertus et les vices et, parmi ce que l'on a coutume d'appeler "les béatitudes", les trois piliers du Temple : la Sagesse, la Force et la Beauté. Il y a là le tableau des sciences, l'échelle des arts libéraux et des connaissances humaines, l'Agriculture personnifiée par Adam, la Métallurgie figurée par Tubal-Caïn et, la Magie représentée par un personnage qui terrasse un dragon ailé, symbole de la pierre philosophale qui change en or tous les métaux. 

Il y a là l'homme tout entier avec sa vie de tous les jours, ses joies, ses peines, ses travaux, ses études, le drame de ses origines et celui de sa fin, le mystère de la vie et celui de la mort. Il y a là l'épopée gigantesque de l'aventure humaine.

Il nous faut retrouver le secret du langage perdu dans l'harmonieux dédale de cet univers transparent d'idées et de symboles, car tout ce qui s'est inscrit dans l'âme humaine y demeure à jamais, transformé mais non aboli.

Une invitation au voyage

Bien au-delà des fanatismes dogmatiques et des délires ésotériques d'une littérature dont l'hermétisme, qui se veut de vulgarisation, reste trop souvent d'une navrante vulgarité, l'Art Sacré constitue pour nous tous une authentique "invitation au voyage" - invitation patiente et renouvelée dans le silence - chacun restant libre de partir s'il le veut et quand il le voudra.

Le véritable sens du voyage, disait Charles Péguy, "ce n'est pas de découvrir d'autres paysages, mais bien de les regarder avec des yeux différents". Car l'apparent n'exclut pas le caché. Les hommes l'ont pressenti depuis toujours. Et les meilleurs d'entre eux - et les plus sages - ont compris que l'acte de voir ne se réduit pas seulement à ouvrir les yeux, mais qu'il nous oblige parfois à les fermer, afin de contempler l'être que nous sommes.

De là sont nées deux langues différentes : celle du "visible" et celle de "l'invisible", celle des objets extérieurs et de leurs signes et celle du sujet intérieur et de ses symboles, celle des collectivités et celle des communautés, celle de l'Education et celle de l'Initiation.

A l'heure où notre civilisation chavire dans les naufrages des boat people, dans les génocides aux portes de notre continent et dans le martyre de l'enfance assassinée, je vous convie tous devant ce "livre de pierre", afin que l'on ne dise pas devant ce Livre "que Jésus est né et puis qu'il est mort et que tout a recommencé ensuite comme auparavant. Mais au contraire, que Jésus est né, qu'il est né hier, qu'il naîtra demain, qu'il sauvera le monde et qu'il y aura espérance pour nos enfants qu'ils dépassent l'âge de trente trois ans. C'est - dit Alain - l'âge où l'Homme-Dieu est tout à fait un Homme" …



                                         Article publié dans HUMANISME N° 131-132 
                                            Septembre - Octobre 1979 – pp. 55-57


Maj 19 10 09 - GA - L0
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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /2008 14:06

"La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle" -
 Psaume 118 verset 22 -

Apprenti02L'impétrant qui frappe à la porte soumet avec humilité son "œuvre" aux Grands Gardiens du temple comme preuve de sa qualification. Cette "œuvre", c'est une pierre taillée, image de lui-même, projection minérale de son entité invisible, perçue en géométrie.

Les Grands Gardiens examinent cette pierre, la jugent selon les normes du savoir dont ils sont les dépositaires. Finalement, ils décident de la rejeter. Elle n'est pas conforme. Elle n'a pas sa place dans l'édifice en construction. Elle doit être mise au rebut.

Humblement, l'auteur de cette pierre refusée n'oppose que son silence au mépris et aux critiques pontifiantes. Il a perturbé la réunion des architectes. Il est rejeté. Mais, au moment précis où il va être reconduit dehors, l'arrivée du Maître Architecte est annoncée.

Il n'est plus temps d'ouvrir la porte pour chasser l'intrus qui est donc provisoirement caché parmi les rebuts du chantier.

L'assemblée fait entrer, avec les honneurs dus à son rang, le Maître Architecte, qui annonce que la construction de l'édifice touche à sa fin et demande où se trouve la pierre d'angle. Après avoir écouté le silence embarrassé de l'assemblée, le Maître Architecte annonce aux Grands Gardiens que cette pierre existe et qu'il convient donc de la retrouver. Tous cherchent et ne trouvent pas. Alors, le Maître Architecte se dirige vers les rebuts, là où personne n'a été chercher. Il découvre la pierre d'angle parmi le tas de pierres rejetées.

Il l'examine et la juge parfaite. Cette pierre, dit-il, est celle qui conclura heureusement l'édifice ; c'est elle qu'il attendait et à laquelle il songeait depuis le début de la construction. Différente des autres, c'est par elle que les autres tiendront et c'est pour elle que les autres furent taillées. Comment est-il possible qu'elle ait été rejetée ?

La construction a duré très longtemps. Les bâtisseurs ont perdu de vue le sens et la finalité de leur travail. Ils se sont installés dans leurs habitudes. La répétition de leurs gestes les a mentalement rétrécis : ils ont confondu la fin et les moyens, ils ont oublié l'essentiel, ils ont érigé en normes absolues les normes relatives aux phases transitoires. Erreur fondamentale, voilà la lourde faute contre l'esprit dont les Grands Gardiens se sont rendus coupables.

Comment peut-on bâtir, demande le Maître Architecte, si l'on projette le présent dans le futur, si l'on est incapable de concevoir autre chose que ce qui existe déjà ? Après avoir exprimé à l'assemblée sa juste réprobation, il demande où est l'auteur de la pierre si longtemps attendue. Les Grands Gardiens vont alors humblement chercher celui qu'ils avaient caché dans les rebuts.

Le Maître Architecte le félicite et lui remet son maillet, signe d'autorité, qui ne peut être confié qu'au détenteur d'un véritable savoir-faire, sous peine de désordres préjudiciables à l'édifice. "Tu conduiras la phase la plus délicate de la construction, lui dit le Maître Architecte, car tu es le mieux qualifié pour le faire, parce que tu es l'auteur de la pierre unique, la pierre d'angle. Tu es ici le plus digne de me succéder, pour concevoir le plan d'un autre édifice, plus grand et encore plus beau que celui-ci" ...

Lorsqu'un profane est entendu sous le bandeau et que chacun se trouve en situation d'exercer son pouvoir discrétionnaire sur un candidat qui demande son admission parmi nous, il m'arrive de penser intérieurement : "Ecoute cet homme qui est venu frapper à la porte, essaie de le comprendre, car si tu fermes la porte à ses erreurs, la vérité risque de rester dehors" ...

                                                                                                      Sources - La Franc-Maçonnerie de Marque -


La pierre n'a point d'autre espoir d'être autre chose que pierre ... Mais de collaborer, elle s'assemble et devient Temple ...

Maj 19 10 09 - GA - L0
Par Eusthenes - Partager     - Communauté : Franc-maçonnerie
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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /2008 10:46

                           Les Mystères d’Eleusis (Rite initiatique).

1 - Le mythe - Déméter et Coré -

Dans une première approche, le mythe de Déméter et Coré apparaît simple à lire. Coré rejoint son époux au royaume des morts et c'est l'Hiver. Coré rejoint sa mère, dans le monde vivant et c'est l'Eté … Déméter, dans son désespoir de perdre sa fille, l'hiver retient la Vie. Déméter, dans la joie de retrouver Coré, l'été rend la Terre à nouveau féconde et les blés mûrissent … Ainsi explicité par le mythe, le cycle des Saisons alterne tristesse et joie, de la mort à la vie jusqu'à la mort en espérance de vie.

Première approche, où l'on voit aisément que dans la douleur de la mort on met de l'espérance … Coré morte revivra et sa résurrection libère la vie … Morte certes et l'hiver porte le deuil. Mais vivante dans la mort, elle fera ressurgir l'été et ses moissons … Morte bien sûr, mais porteuse de vie, de l'espérance de vie. Parce qu'on met les morts en terre, la Terre s'ouvre et absorbe la jeune fille pour le royaume des morts. Coré crie, certes, mais personne ne peut rien contre l'inéluctable… Pas même sa mère Déméter l'égale de Zeus.

Coré crie, certes, mais Hadès l'emmène pour la passion et la voilà morte pour les vivants … Mais au Royaume des Morts, elle règne … Donc elle est vivante : elle est sur la couche d'Hadès, respectée. Elle règne sur les morts, reine des morts. Elle n'a pas disparu puisqu'on la retrouve. Elle vit dans la mort … II y aurait donc une vie dans la mort ?

Et l'on voit bien, dans nos climats tempérés, que dans la mort apparente de l'hiver les germes de vie, dans la terre, préparent la renaissance du printemps … la résurrection. Et que si les sèves stagnent, les bourgeons se forment, en attente. Et gardent l'Espoir. Dans la terre disparaît la graine, mais de la terre jaillit le germe de vie, porteur de l'espérance …

Et tout à coup, apparaissent des Lois : certes les dieux sont fantasques, avec leurs passions et leurs volontés folles qui s'imposent au monde des hommes … Mais il y a des Lois que la volonté des dieux ne sait transgresser. Puisque Coré a mangé un pépin de grenade, elle restera inéluctablement liée au royaume des morts et à son époux Hadès. Elle a mangé le pépin de grenade : le mariage est donc indissoluble même contre la volonté des dieux. Hadès sait bien que ni Zeus ni Déméter n'y pourront rien. II y a l'Inéluctable à quoi les dieux eux-mêmes se soumettent. II y a des Lois … Le monde est régi par des Lois …

Première approche encore, le mythe semble lisible. La nuit Déméter, la nourrice, cache l'enfant dans le feu, dans une braise ardente … Forgé ainsi au feu, l'enfant deviendra immortel. Il aurait la vie éternelle, échappant à la vieillesse et à la mort. Le feu source de vie, garant de vie … Déméter, la déesse de la vie et de la fécondité, révèle le secret des dieux immortels. Par le feu, la vie triomphe de la mort …

Souvenons-nous : d'aucuns disent ailleurs : "C'est par le feu que la nature se régénère" (Igne Natura Renovatur Integra ou INRI). Mais aussi la déesse soufflait doucement sur l'enfant. Par le souffle, elle donne la vie et l'enfant grandit sans prendre le sein, ni aucune nourriture … Par le souffle seulement, il se nourrit de l'air que ventile la nourrice.

Autre secret : le Souffle. L'air source de vie … La Terre, le Feu, L'Air … Et voici la faute, La Faute … Parce que l'Homme n'a pas su avoir confiance, n'a pas fait confiance au dieu … Parce que l'Homme ne sait pas voir son Destin, son heur et son malheur, il commet "la faute la plus grave" qui l'exclut du monde des dieux, lui interdit l'immortalité, le ramène à la vieillesse et à la mort inéluctable, à son destin d'homme mortel. Et cette défiance, ce manque de confiance, relèvent de la folie. Et c'est de cette folie que relève le destin mortel de l'homme … II ne sait pas voir son destin, il ne fait pas confiance à la sagesse des dieux, il n'est pas digne de l'immortalité … La Faute le renvoie au monde des mortels …

Mais, pour compenser la Faute folle, vient l'ordre divin : élever un Temple à Eleusis et un Autel où la déesse fondera les Mystères pour instruire les hommes. Déméter enseigne le Rite sacré qu'il ne faudra pas divulguer ni transgresser. "Les beaux rites les rites augustes qu'il est impossible de pénétrer" sur lesquels il faut garder le secret. "Le respect est si fort qu'il arrête la voix". Le Secret … Dès lors, la lecture du mythe devient plus difficile, puisque le Mystère est couvert par le secret, puisqu'il est dit qu'on ne peut le pénétrer, puisque personne n'a transgressé, ni rien révélé.

Cependant un esprit maçonnique est alerté sur quelques indices qui lui paraissent familiers. L'épreuve de la Terre qui s'ouvre pour emmener Coré dans un voyage douloureux … Les vertus du feu qui ouvrent à la vie éternelle et dépassent la mort. La purification par l'air, le Souffle, qui alimentent le corps et permettent son épanouissement. L'eau enfin, quand Déméter se réfugie de tristesse au puits des Vierges, près d'Eleusis, où les jeunes filles viennent puiser l'eau, sans peine - est-il précisé - dans des vases en bronze rutilant. Lecture plus difficile donc avec le secret …

On voit aussi que les plantes portent sens. Elles sont présentes dans le mythe qui énumère avec insistance les fleurs que cueillent Coré et ses amies "les belles jeunes filles à l'ample poitrine" au moment de l'enlèvement. Des roses, des crocus, de belles violettes dans les prairies, des lis, des iris, des jacinthes, et des narcisses, fleurs d'eau, dont la beauté et le parfum réjouissent et les dieux et les hommes et " les vagues marines ". Le safran, couleur de la sagesse, dont on sait que les mystes se parent dans leur voyage initiatique.

On rencontre aussi la grenade dont le pépin "doux et sucré" scelle à jamais l'union et rend irréversible le cours des choses … Elle orne aujourd'hui nos colonnes maçonniques dès l'entrée du Temple. Aussi la menthe du pouliot dans la boisson sacrée de Déméter, plante aromatique certes mais tranquillisant, agent de la sérénité … Enfin le blé, nourriture des hommes, dont la croissance bien sûr demande le travail des hommes, mais dont la génération et la culture relèvent des pouvoirs de la divinité …

De ce que l'on sait, du peu que l'on sait, les Mystères de Déméter appelaient à des Voyages sur la Terre "aux vastes chemins" au moins en Trois étapes : d'Eleusis à Athènes où l'on transporte les objets sacrés (hiéra) qui portent un sens aux yeux des initiés ; d'Athènes jusqu'à la mer pour les purifier à l'eau marine ; enfin la procession des initiés retourne à Eleusis pour y rapporter les objets sacrés purifiés et guides des mystes.

Ces trois voyages étaient développés sur sept jours pour ouvrir la voie aux Initiations d'Eleusis. Ainsi, dans les brumes des mystères, on devine des Nombres. Coré passera un tiers de l'année au royaume des morts et deux tiers de l'année chez les vivants.

On sait que l'initié doit attendre un an entre les Petits mystères et les Grands mystères, puis cinq ans pour les suivants : 1 - 3 - 5 - 7. Et Neuf : Déméter "pendant neuf jours ne cessa de parcourir la terre" à la recherche de l'Espoir pour retrouver sa fille … Et Dix … Le 10° jour elle reçut la nouvelle du soleil qui lui avait révélé la vérité : l'enlèvement de Coré et la volonté de Zeus : 1 - 3 - 5 - 7 - 9 - 10. Des voyages, des Nombres …

On devine aussi des Emblèmes, des Mots pour se reconnaître, des formules confidentielles … Des Signes : le Triangle isocèle de la Sagesse, la Clé pour sceller les lèvres de l'initié … Ou encore des Lumières, des flambeaux et des bruits, des tintamarres, des musiques fortes de cymbales et tambourins … Mais encore des Silences, du Silence et des Secrets insistants, rigoureux, impératifs …

Et enfin, à l'évidence, pas d'enseignement … Pas d'école, pas de dogme … L'Initiation appelle à l'Emotion … A force d'impressions qui forgent l'âme et portent à la réflexion, elle soulève d'enthousiasme l'initié. "Ceux qu'on initie ne doivent pas apprendre quelque chose nous dit Aristote, mais éprouver des Emotions et être mis dans certaines dispositions".

Le franc-maçon se trouve en pays familier … 

                    (Source : Homère, Hymnes à Déméter - Paris, Les belles Lettres, 1997, pp. 42-58).


Maj 19 10 09 - GA - L0
Par Cyrille - Partager     - Communauté : Franc-maçonnerie
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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /2008 18:53

                           Les Mystères d’Eleusis (Rite initiatique).

2
- Les mystères -

De toute la hiérarchie d'initiations qu'on peut déceler, organisée en 7 étapes : Petits Mystères, Grands Mystères, Epoptie, et ensuite Holoclères, Sacerdoce, Initiation royale, Initiation suprême, on voit se dégager l'appétit de purification, l'ambition de se libérer des contraintes, des astreintes, de la matière, de la gangue de chair et de corps et l'aspiration, au-delà des passions, aux retrouvailles avec soi-même, libéré des chairs et des sangs, le goût d'appréhender le Monde et la Vie, la véritable Vie, qui serait celle de l'Esprit, curieusement tendu vers l'Un, l'Unité, par réunion de la Pensée et de l'Ame.

Le chemin vers cette vérité apparaît long et difficile, impose des guides (mystagogues), des recherches et des efforts … Il s'engouffre dans une descente sous terre, par l'Obscur, revient dans une ascension vers la Lumière, sur le chemin haut de la Vérité, avec l'espoir de parvenir dans la vie à la Connaissance …

Au travers du Mythe et de ses Mystères, on perçoit l'angoisse de l'éphémère et du sens de la vie individuelle qui conduit à la mort, avec la question lancinante du Sens … Pourquoi cette descente ? Cette incarnation de la Pensée et de l'Âme, dans la chair, la matière, la douleur, le quotidien ? Et quel destin après la mort ? Et déjà l'idée d'avoir à préparer le séjour dans l'Au-delà, en vivant la mort, avant de mourir, pour s'assurer du bonheur dans l'Autre monde …

Et qui, mieux que des morts, qui connaissent déjà le royaume d'Hadès, peuvent enseigner, initier le Chemin et le Destin … La Vie après la mort ? Qui. mieux que Coré, qui revient chaque printemps des mondes souterrains, pour dire aux hommes mortels ce qui s'y passe, ce qu'il faut faire … Et comment ?

Au moins, malgré le secret, sait-on que les mystères font mourir le myste font parcourir le chemin du mort qui se dépouille de sa parole, de sa fortune, de ses vêtements même, en allant nu, dans le gouffre étroit, obscur, un bandeau sur les yeux, reconnaître le parcours pour ressusciter en remontant vers la Lumière, en Haut … Aspiration à la Vie, guidé par ceux qui connaissent. Initiés holoclères, mieux que quiconque …

Au moins sait-on que le Mystère montre, révèle, annonce le Chemin et la Direction et rassérène, en ouvrant les voies du Bonheur, malgré la "faute folle" qui condamne les mortels à vieillir, à mourir, qui intègre la mort à la vie, faisant comprendre la mort comme la fin naturelle de !a vie, en laissant l'espérance de la Vie, au-delà de la Mort …

Des indices, des signes, des symboles sont donnés, lisibles, perceptibles par le Franc-maçon, qui croit les reconnaître pour avancer en pays familier, au point de retrouver ses sources de Tradition et ses moyens de connaissance, trouvant à relier ses propres pratiques rituelles à un fond antique universel, donnant sens à ses propres mystères modernes qui s'en trouvent éclairés …

Que la Vérité soit inséparable des moyens de sa recherche et qu'elle se tienne dans l'indicible, que son appréhension relève de l'Intuition et qu'elle passe par l'Emotion éclaire le processus des rites et la kyrielle des symboles !

Que la Vérité soit accessible parce qu'il y a des Lois compréhensibles par l'esprit de l'homme, même si cette appréhension est difficile, peut rasséréner l'Ame angoissée, puisqu'il est possible d'y parvenir, même si on ne sait pas parcourir tout le chemin jusqu'à la plus haute lumière : "Car jamais l'œil ne verrait le soleil s'il n'était semblable au soleil et l'Ame ne verrait pas le beau si elle n'était devenue belle". (Platon).

Du peu que l'on connaisse de ces Mystères, si bien gardés, si peu transgressés, de ces Mystères "qu'il est impossible de pénétrer", on sait quand même que l'initiation au troisième grade fait à l'Epopte la Révélation ultime par le symbole de l'Epi de blé moissonné en silence appelé "l'illuminateur parfait" et du Phallus dressé pour la génération.

Par ce chemin, l'Initié voyage de l'obscurité vers la Lumière sous le mystère de Sceau dépouillé de tout ce qui est corps et âme, réduit à la Monade qui n'a ni qualité physique, ni dimensions, ni liens dans l'espace "Unité parfaite, principe des choses matérielles choses matérielles et spirituelles" … Le voilà qui descend un long couloir obscur, en silence, les yeux bandés à la recherche de la lumière et de la raison qui gouverne le monde (logos), symbolisées par l'Arbre de Vie où l'on cueille un fruit, sous le mystère du Sceau, qui le conduit dans le chemin aidé par un mystagogue, il progresse vers la lumière lointaine, élevée.

Par cette ascension hors de la caverne il accède à la Vérité … Lumière éclatante, contemplation du dieu révélation du "dieu unique", "identique par essence à tous les dieux" … Révélation de l'Un, Unité dans la Lumière éclatante, au moment où l'on moissonne l'épi de blé, symbole du Phallos qui symbolise lui-même "autre chose" pour la Connaissance Intuitive … L'épi gorgé des lumières du soleil symbole de la vie semée dans l'homme à sa naissance. Le "phallos dressé pour la génération" gorgé de toutes les énergies de l'homme, rassemble la lumière de vie pour générer, perpétuer, renaître et exprimer l'essentiel de la vie, la vie essentielle.

Or, dans l'initiation, le hiérophante qui s'unit à la prêtresse de Déméter pour célébrer l'Union, est rendu infécond par la ciguë et l'accouplement se précipite dans le spirituel. Le Phallos pour symbole de la lumière semée dans l'homme qui naît, symbole de la raison humaine produit de l'union de la Pensée et de l'Âme.


                           (Source : Homère, Hymnes à Déméter - Paris, Les belles Lettres, 1997, pp. 42-58).


Maj 19 10 09 - GA - L0
Par Cyrille - Partager     - Communauté : Franc-maçonnerie
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Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /2008 19:17

Les Mystères d’Eleusis (Rite initiatique).

3
- La vie et la mort -


Déméter puise la vie,
vie végétale
et donc animale
et donc humaine ...

Déméter riche de la Vie
et Coré
qui connaît
les mondes souterrains
et le destin des mortels,
au-delà de la mort,
insuffle l'espérance
d'un destin après la mort,
d'une renaissance,
résurrection,
au symbole du printemps et de l'été
rythme les saisons,
les alternances
et les pérennités.


Et les Rites sacrés,
impénétrables,
qui font appel à l'Emotion,
à l'Intuition,
p
ar delà la connaissance raisonnée,
sous la conduite des guides initiés,
mais humains, qui connaissent,
permettent de vivre,
de comprendre,
dès avant que d'être mort,
le destin du mortel,
sa réduction au Tout,
à l'Un,
incluant les diversités et les avatars
du monde incarné dans la chair et la matière.


Si les rites
mènent à la Connaissance Intuitive
par l'émotion des initiations
en dépassant la connaissance raisonnée,

Si les mystagogues,
ces hommes initiés qui savent
conduire vers la Connaissance,
en révélant la Mort
avant que d'avoir à mourir,

A quoi dès lors sert-il de mourir,
si l'on sait avant la mort,
ce qu 'il y aurait après la mort ?

A quoi sert-il de mourir
si l'Initié
connaît déjà
la Mort de son vivant
? ...

Dès lors il reste à Vivre ...


(Source : Homère, Hymnes à Déméter - Paris, Les belles Lettres, 1997, pp. 42-58).


Maj 19 10 09 - GA - L0
Par Cyrille - Partager     - Communauté : Franc-maçonnerie
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