Présentation

  • : Propos maçonniques
  • : 25/02/2008
  • : Puissent ces quelques propos té-moigner de la permanence de la recherche d'une vérité fuyante et incertaine, accaparée par ceux qui, prétendant la détenir, voudraient l'imposer, même par la tyrannie. Ce blog n'engage que ses auteurs. Il est dédié à tous les frères et soeurs, orphelins d'un projet maçonnique exigeant et cohérent, pour des lendemains à repenser, à rebâtir, à rêver.
  • Contact

Images du blog

  • Les trois Lumieres

Liste d'articles

  • Le moment fraternité
      Liberté, égalité, fraternité : "Les trois marches du perron suprême" disait Victor Hugo. Peut-on encore accéder à la marche d'en haut sans retomber dans la terreur ou bien...
  • Lettre pastorale ...
    "La guerre est pour les âmes un agent de purification, un facteur d'expiation, un levier qui les aide à gravir les hauteurs du patriotisme et du désintéressement chrétien". Son Eminence le...
  • Spiritualité maçonnique *
    1 - Des sensibilités très éloignées ...  Spiritualité et matérialité -  Les formules mathématiques sont "univoques". C'est à dire qu'elles n'ont qu'une seule...
  • Cathédrale - **
    Une invitation au voyage -   Au XIIIème siècle, dit Louis Gillet, la cathédrale toute entière devient un immense bas-relief, une prodigieuse cristallisation d'idées, une...
  • Le colloque singulier
    En mémoire de mon frère Jean, médecin - Les médecins, comme tout un chacun et comme les francs-maçons eux-mêmes, sont grands pourvoyeurs de colloques. Ils colloquent sur tout, sur rien et...
  • Fantasmes, symboles et illusion maçonniques
    Fondé le 1er janvier 1983 par des Frères et Sœurs de diverses obédiences, sans aucune exclusive, la revue Le maillon de la chaîne maçonnique remplit, depuis, son but premier d’apporter aux...
  • "Hauts grades" ...
    (Il est inutile de présenter) une liste complète des Grades prétendus maçonniques ou plutôt des aberrations de toute nature, pratiquées, pendant un siècle et demi, par des hommes dits...
  • Le mythe de l'éternel retour *
    1 - Aspects du mythe Aujourd'hui, tout le monde, ou peu s'en faut, s'intéresse aux mythes. Pourtant la notion de mythe est loin d'être élucidée de même que la question sur le sens et...
  • Le cabinet de réflexion
    Ecouter l'article                      Toute initiation maçonnique commence dans...
  • Esotérisme vs exotérisme
    Voici un article de mon ami Candide ... "J’hésite à employer le terme "ésotérique", il est tellement galvaudé ! On en trouve partout, la moindre boîte d’allumettes est prétexte à...
Liste complète

OverBlog

Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /2008 17:28

Un rituel libéré ? Chiche ! -

Au Rite Français du Grand Chapitre Général du Grand Orient de France les Souverains Chapitres sont "souverains". Ils ont la liberté d'élaborer leur rituel, quitte à respecter les valeurs fondamentales du Rite et celles du Grand Orient de France. Ayant pratiqué comme beaucoup de frères du Grand Orient de France le rite français en loge bleue et le rite écossais ancien et accepté dans les "hauts" grades puisqu'il n'y avait alors que cette possibilité, nous avons assisté à la fin du XXème siècle à la résurrection du Rite Français pour les grades "dits de Sagesse". D'abord avec une relative indifférence et ensuite avec un prudent scepticisme parce que la rumeur des parvis faisait courir l'idée que ce Rite Français était autant sinon plus " christique " que le Rite Ecossais Ancien Accepté.

Lorsque nous avons eu la curiosité d'accéder aux textes, ce sont d'abord les ressemblances entre les deux rites qui ont retenu notre attention : même fond légendaire, même présence de la bible dans la structure intime du rituel avec de surcroît un aspect farce relevant des Monty Python qui, pour être amusant peut-être, semblait conduire le symbolisme aux limites du simplisme et aux frontières d'un ridicule meurtrier. C'est dire que cela ne correspondait à aucune de nos attentes et ne donnait aucune raison de changer de rite pour tomber de Charybde en Scylla.

Nos attentes

A force d'observer le fonctionnement du Grand Orient De France, en participant à ses activités dans le respect de ses traditions et de son histoire et dans la culture de ses valeurs, nous étions venus, comme beaucoup de frères, à rêver d'un rituel qui serait libéré de sa gangue religieuse, biblique, judéo-chrétienne. Ce rituel idéal serait dégagé de ses prétentions chevaleresques qui - pour être supposées traditionnelles - n'en sont pas moins obsolètes. Il serait aussi nettoyé de ses référents à des moyens de violence - épées, poignards - dont sans doute la force de l'habitude empêchait de voir l'inanité ou le ridicule.

Pour être plus explicite

Il nous semblait urgent que la franc-maçonnerie se libère de la tutelle biblique hébraïsante, chrétienne et catholico-protestante et que, dans ses structures institutionnelles au niveau du rituel, elle s'ouvre naturellement vers toutes les sources de tradition, toutes les formes et tous les moyens de la connaissance pour en explorer les corrélations, les apports et les démarches et s'approcher de leurs secrets. Il nous semblait urgent de libérer les symboles de leur personnalisation judaïque (Hiram, Salomon, Zorobabel, Temple de Jérusalem …) qui les étrécit en les réduisant à une localisation géographique, hébraïque occidentale : celle-ci a pu avoir une justification historique ou politique dans le passé mais elle semble aujourd'hui abusivement réductrice.

D'autre part il nous semblait utile d'affranchir le rituel du poids de ses ambitions chevaleresques qui relèvent d'une tradition parfaitement datée historiquement, sociologiquement et politiquement et de ce fait évidemment obsolète. Et s'il fallait proposer des modèles, porteurs de valeurs fortes qui servent de parangon mobilisateur, ouverts sur l'avenir, nous suggérerions de promouvoir le "chevalier" en "Citoyen". De fait le citoyen bénéficie de deux siècles de promotion dans notre république laïque, révolutionnaire à vocation démocratique. Il constitue le peuple souverain source légitime de tous les pouvoirs. Il porte des valeurs aussi "nobles" que celles de la chevalerie. Il a de nombreuses fois démontré sa pugnacité, son dévouement dans la défense de la nation, son sens de l'honneur, du courage et de la fidélité ainsi que celui du sacrifice.

Enfin il nous semblait urgent - profitant du mouvement - d'éliminer l'arme blanche (épée, poignard….) de l'arsenal de notre société de pensée initiatique qui prétend l'utiliser comme support, symbole et moyen de notre recherche philosophique et spirituelle. L'érection de cet instrument en outil symbolique de notre démarche sur les chemins de la connaissance relève bien sûr du leurre : on argue que l'épée peut être présentée comme un symbole de l'Egalité datant d'une époque aristocratique où la noblesse tenait le haut du pavé avec le privilège de porter les armes pour défendre la société. Au XVIIIème siècle l'aristocratie aurait octroyé ce privilège à la roture qui fréquente la loge pour casser la tradition ségrégationniste, fondement de la société féodale aristocratique inégalitaire.

Dans cette perspective ce symbole - si symbole il y a - est donc fortement connoté historiquement (XVIIIème siècle) et de plus censément dépassé depuis que l'Egalité est inscrite dans la Constitution de nos Républiques et aux frontons des édifices publics. On observe aussi que l'idée de "désarmer" les loges passe aux yeux de certains de nos frères pour une manifestation de naïveté répréhensible face aux dangers qui menacent la société : on ne voit pas cependant qu'on aie jamais érigé en symbole la plume ou le crayon.

 Il n'empêche que ceux-ci ont toujours été les instruments de la pensée qui se libère et de réflexion qui avance sur le chemin des vérités. Mais on voit bien au contraire que Moïse a éliminé à l'arme blanche trois mille des siens parce que ceux-ci ne pratiquaient pas la bonne religion de la bonne manière, à son retour du Mont Sinaï, d'où il rapportait les Tables de la Loi. La maîtrise des armes n'a guère servi dans l'histoire qu'à assurer la domination de ceux qui les détiennent pour la seule justification qu'ils en sont les détenteurs. Quant au peuple qui est assujetti par ces armes, il n'y trouve pas le moyen de sa liberté alors qu'on lui interdisait de lire et écrire pour le maintenir dans l'assujettissement. Convenons que pour nos usages, la règle, l'équerre et le maillet se révèlent des substituts autrement efficaces pour notre approche de la vérité et du centre de l'idée.


Maj 19 10 09 - GA - L2 - R
Par Cyrille - Partager     - Communauté : Franc-maçonnerie
Ecrire un commentaire - Publié dans : Franc-Maçonnerie
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés