Propos maçonniques
www.troispoints.info
La définition optimale pour visionner ce blog est :
1280 x 768
Chacun sait que l’homme est d’une nature complexe. Certains, par image, disent qu’il y a plusieurs bêtes en lui, comme emboîtées les unes dans les autres, à la façon des poupées russes.
D’abord, il y a évidemment l’animal apparent, avec son faciès et sa stature. On le nourrit et l’abreuve. On l’éduque et l’habille. Il a ses qualités et des défauts. Je le vois dans le miroir. Les autres me renvoient son image. Mon image. Je suis d’abord celui que je vois, dont les autres me renvoient l’image.
Évidemment, ce n’est pas si simple. Au-delà de l’animal apparent, il y a des bêtes profondes, tapies derrière l’image. Il arrive qu’on se découvre différent de ce qu’on croyait être. Des humeurs s’affrontent, des traits de caractères se révèlent. On observe qu’on est doué pour une chose ou pour une autre. L’homme se découvre guidé, malgré qu’il en ait, vers telle activité, avec des remontées d’instinct et des passions soudaines qui s’imposent ou des colères qui l’emportent et l’étonnent lui-même.
Il se sent animé, par occasion, de forces qui germent, qui éclosent et qu’il ne maîtrise pas. Comme celui-là qui va jusqu’à sacrifier sa vie – ou celle des autres - pour une idée qu’il ne veut ou ne peut renier. Des bêtes plus profondes encore vivent dans des jardins secrets dont on n’a pas la clef, enkystées là depuis toujours, et qui se révèlent au grand jour sous le choc d’un stress ou d’un accident. Et voilà qu’elles prennent les choses en mains, imposent leur élan et révèlent une nature des tréfonds jusqu’alors ignorée.
D’aucuns s’inquiètent alors de ne pas se connaître en entier. Ils découvrent avec les hasards de la vie qu’ils ne sont pas tout à fait ce qu’ils pensaient être. Ils cherchent leur véritable identité. Et de consulter l’horoscope pour le signe zodiacal, Ou le numérologue qui révèle par thème astral des vérités profondément enfouies. Fortune du psychologue, du psychiatre et autre psychanalyste qui mettent à nu sur canapé les acquis ignorés, les déterminants inassouvis.
C’est encore peu dire. Au-delà de la dernière bête, il y en a une autre encore.Au-delà de la dernière réponse, encore question. La descente dans l’intime est sans fin. Chacun un jour se sent mystère pour lui-même.
J’évoque tout ceci d’une manière délibérément fruste - imaginant que chacun s’y reconnaîtra - pour venir au besoin que chacun découvre un jour d’aller à la quête de ce mystère, au travers de multiples strates. Et de plonger loin au profond de l’être dans l’espoir d’y trouver l’identité, la connaissance de soi. Et de remonter les abîmes intérieurs, mieux connaissant, en accord avec soi-même, suffisamment pour se tolérer quand montent des bouffées d’inconnu. Mieux à même de maîtriser ces élans vitaux afin d’être mieux maître de soi.
La franc-maçonnerie ne prétend pas fournir les clés, ni donner à chacun sa vérité. Elle ne prétendra pas expliquer, interpréter, ni fournir des solutions aux mystères et inconnues révélés.
Mais elle invite chacun, et d’abord l’apprenti, à faire le voyage intérieur, à se visiter dans les profondeurs pour connaître et se reconnaître. Elle suggère la recherche, elle indique le chemin, elle guide éventuellement le voyageur pour un voyage qui restera bien sûr personnel.
On lit chez nos symbolistes que "le fil à plomb soutenu par un arceau" implique cette démarche, cette descente dans l’intérieur de soi. Le fil à plomb visualise la verticale, attiré par la pesanteur, force vitale centripète issue de l’intime de la terre en son centre.
Soi-même étant entendu comme la pierre cachée de VITRIOL, "pierre cachée dans la pierre brute encore chez l’apprenti, mais pierre brute aussi chez tout maçon qui, malgré les degrés et qualités arborés, reste toujours un apprenti, se revendique toujours apprenti".
Ainsi espère-t-on que le fil de ce bijou serve de fil d’Ariane dans ce voyage intérieur, dans ce travail sans fin, sur la voie de la connaissance de soi … de la maîtrise de soi.