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  • : Propos maçonniques
  • : 25/02/2008
  • : Puissent ces quelques propos té-moigner de la permanence de la recherche d'une vérité fuyante et incertaine, accaparée par ceux qui, prétendant la détenir, voudraient l'imposer, même par la tyrannie. Ce blog n'engage que ses auteurs. Il est dédié à tous les frères et soeurs, orphelins d'un projet maçonnique exigeant et cohérent, pour des lendemains à repenser, à rebâtir, à rêver.
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /2009 11:14

II suffit d'être et tout est dit. Le soleil brille, et ne veut rien que sa nature de soleil. Nous voulons ajouter à notre nature des projets, des résolutions, nous nous fixons des objectifs, comme si nous étions en charge du monde, alors que nous ne sommes en charge que de nous-même, et encore !

… En fait, il faut vouloir ce que la vie nous donne, et faire nôtre la destinée qui nous est faite. C'est vouloir et ne pas vouloir tout à la fois. C'est en quelque sorte vouloir ce qui nous assure de nous-même. Gageure difficile à tenir car nous ne parvenons à une vision claire de notre condition qu'après avoir reconnu notre domaine et ses limites. Et ce domaine s'ouvre sur l'infini. … Nous devons élargir notre amour de la vie, jusqu'au point où il enveloppe également notre acceptation de la douleur et de la mort. Est-ce possible par l'intelligence, ou par le cœur? Ou n'est-ce que l'abou-tissement de la dynamique de l'être qui se sépare de la chair pour s'unir à l'univers par l'esprit ? Pouvons-nous nous élever jusqu'à cette plage lumineuse d'où toutes les manifestations apparaissent comme des ombres légères ? …

Parfois, quand nous arrivons tôt au bord de la mer, au moment où le soleil paraît à l'horizon, nous avons le sentiment de toucher à l'éternelle paix des choses. Non pas l'immobile absolu qui s'impose à nous comme l'évidence, mais le mouvement réglé des ondes qui viennent se coucher sur le sable, caressant d'une douce inflexion rythmée les grains qui roulent sous le reflux.

Nous percevons la véritable nature des choses, qui est une lente manifestation de l'éternel, et la douleur ne nous apparaît plus que comme une blessure que nous nous sommes faite à nous-même. Et nous comprenons Dieu. L'expérience seule arme notre sensibilité et par là meuble notre esprit. Mais il nous appartient de lui donner un sens.

Malheur à ceux qui ne vivent que dans l'imaginaire, leurs images s'évanouissent après les avoir abusés. Malheur à ceux pour qui le monde est un fantôme pâle et froid qu'ils tentent de réanimer. Malheur à ceux qui cherchent dans les livres une réponse, et non une question. Il faut affronter le monde dans sa brutalité, c'est la seule façon d'entrer en relation avec l'humanité.

L'homme n'est l'homme que pour l'homme. Je veux dire qu'on n'apprend pas l'humanité hors de la vie. Il n'y a pas d'humanité dont une autre serait spectatrice. Et plus précisément, il n'est pas de geste qui ne soit, sur et pour l'homme, un effet et une promesse, un lien, ou une raison de vivre. Au demeurant, il n'est pas d'être humain qui n'ait reçu, et qui n'ait à donner. Tout va de tous à tous et de tout à tous.

L'admirable, c'est que nul n'est forcé à jouer son rôle avec le sentiment qu'il le joue pour d'autres. Nous apportons, par notre jeu, du seul fait de vivre, notre part à la communauté. Le criminel, hélas ! comme le saint, le peintre qui peint pour se trouver comme celui qui couvre les murs à fresques pour se perdre.

Parfois, j'entends demander ce qu'il faut penser de la condition humaine. La plus simple c'est de n'en rien penser, et d'aller son chemin, avec les illusions, ou le scepticisme qui conviennent à notre tempérament. Car Dieu, ou la Vie, ou l'Univers, peu importe le nom du Tout, ne demande rien que ce qui est.

Notre drame, c'est de prêter des intentions à Dieu. Mais la fin dernière, de Dieu, c'est l'être. En lui l'existence et l'essence sont confondues. C'est nous qui les distinguons parce que nous voulons prouver ce qui ne demande pas preuve. L'Etre. Et c'est là notre faute irréparable. Toute la littérature du monde n'est que pour la faire oublier.

Jean Mourgues
Grand Commandeur du Grand Collège Des Rites du Grand Orient De France
Professeur de Philosophie, principal honoraire,
Initié en 1937, passé à l'Orient Eternel en juin 1990.


Le Choix de l'Homme - une pensée maçonnique au quotidien
Presses Universitaires de France - Août 199
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Maj 12 12 09 *
Par Eusthenes - Partager     - Communauté : Franc-maçonnerie
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