Propos maçonniques
www.troispoints.info
La définition optimale pour visionner ce blog est :
1280 x 768
"Sincérité Parfaite" -
Je sais bien que je ne sais rien ou peu de chose de la Franc-maçonnerie. Mais je croyais avoir compris dans cette superbe formule rituelle : "Mes frères me reconnaissent comme tel", que la
Franc-Maçonnerie n'est pas un état, que le franc-maçon n'existe pas par soi-même, qu'il n'existe que parce qu'il est reconnu par d'autres francs-maçons qui n'existent eux-mêmes que par la
reconnaissance des autres. Or, pous se faire reconnaître, il faut être là ...
Qu'en est-il de celui qui n'est pas là ? Comment les Frères pourront-ils le reconnaître et le faire exister s'ils ne le voient pas et s'ils observent qu'il ne tient pas ses engagements ? Le
Franc-Maçon peut-il agir en franc-maçon hors du temple, s'il ne fréquente plus le temple et néglige ses obligations, hors des cas de force majeure ?
Si courte et brève que soit ma vocation, il me semble avoir reconnu
qu'elle s'abreuve au temple, en tenue. Et je m'y trouve assidu. Ce ne peut- être suffisant sans doute. Mais il me semble que c'est l'indispensable minimum.
Au demeurant, puisque l'Ordre prospère en l'état des choses, c'est que je dois faire erreur quelque part. Je dois avoir tort de penser ce que je pense. Dans ce cas que reste-t-il de ma vocation
si fragilement acquise ?
°
° °
II reste que cela fait vingt cinq ans que je vais régulièrement deux fois le mois, rejoindre les Frères pour me faire reconnaître, rejoindre les Frères, pour qu'ils soient eux-mêmes reconnus.
J'ai l'humilité, nécessaire, de croire que lorsqu'ils m'ont confié le maillet, ce n'est pas en raison de la vocation qu'ils m'auraient reconnue, mais par le fait qu'il n'y avait personne d'autre
sur le moment pour vouloir le prendre. Je
me trouvai dans la position d'avoir à conduire les travaux d'un atelier du Grand Orient sans encore trop savoir ce qu'était la Franc-Maçonnerie, n'ayant pour référence que quelques repères dont
les bases me semblaient mal assurées.
Puisque la Franc-Maçonnerie ne s'accorde comme moyen de propagande que la force de l'exemple, je m'efforçai de me couler dans l'image de ce que je m'imaginais devoir être le Franc-Maçon modèle.
Comment faire puisque je ne rencontrai plus personne pour dire le modèle et que je devenais, par fonction, le modèle et l'exemple ? Bien sûr, j'ai fait comme j'ai pu. Puisque la Franc Maçonnerie m'appelle, puisque je reste
dedans, je m'efforce de faire ce qu'elle me demande de faire, en espérant sa compréhension et sa mansuétude.
Je ne suis pas sûr de les avoir obtenues. J'ai dû quelque part mettre à côté, car je vois bien que, si l'atelier est prospère de ses nouvelles acquisitions (apprentis et compagnons) il s'est
appauvri de nombreux Frères Maîtres qui ne fréquentent plus nos colonnes et qui ne nous font pas la grâce de nous accorder leurs lumières et leur aide, pour instruire, transmettre, assurer la
continuité.
°
° °
On dit pour les croyants, que la foi vient en s'agenouillant. On dit que c'est en forgeant qu'on devient forgeron. Est-ce en étant franc-maçon qu'on deviendrait franc-maçon ? Progressivement, par
le travail sans repos, par l'assiduité exigeante et la fréquentation du temple ? Je ne suis pas loin de me laisser aller à le croire. Mais cela doit être insuffisant. Et je ne comprends pas le reste.
Si la Franc-Maçonnerie m'a appelé, début de vocation, je ne parviens pas à entrer complètement : j'ai encore des manques. Elle emploie des mots qui me sont chers, des grands mots
qu'elle ose mettre en avant : Justice, Honnêteté, Liberté, Perfection, et d'autres : Vice et Vertu, Amour et Fraternité, Lumière et Sagesse, Tolérance, Vérité et Utopie et pour couronner le tout
: l'Homme et la Société. II n'est pas
question d'Argent ni d'Ambition, de pouvoir ni de profit, de carrière ou de promotion, de supérieur ni d'inférieurs, de domination ou de soumission : "Jamais plus un genou en terre" … Eclatante
formule dont j'essaie de me faire un guide de conduite chaque jour.
Certes depuis bien longtemps, avant d'entrer en maçonnerie, je réfléchis à ce qui devrait être juste et honnête pour conduire ma vie et je fais effort pour trouver la vérité et la liberté. Je
pense ne jamais avoir trop injurié ces grands mots. Mais est-ce bien suffisant ? Si la Franc-Maçonnerie m'appelle (vocatio) ce n'est pas pour s'intéresser à mon cas personnel.
Et je ne vois pas que l'exemple que je pourrais fournir si je venais à être parfait, suffirait à promouvoir tous ces concepts dans la société au bénéfice de
l'humanité. Quel autre moyen d'action que
le seul exemple ou comment comprendre ce seul moyen d'exemple dont elle se targue pour améliorer à la fois l'homme et la société ? Quel mystère !…
Je me sens un franc-maçon bien indigent. J'ai regardé bien sûr du côté du symbolisme, de la kabbale, du judaïsme, de l'alchimie, des nombres et des religions. Cela ajoute à ma confusion et je
reste incrédule, ignorant sans doute. Vocation peut-être puisque j'ai été appelé, mais ignorant et bien incapable d'en être l'acteur parce que je n'en comprends pas les moyens.
°
° °
Tout ceci dit dans le souci d'une "Sincérité Parfaite", en mémoire de la lumière que j'ai reçue dans l'atelier qui porte ce titre distinctif …