Propos maçonniques
www.troispoints.info
La définition optimale pour visionner ce blog est :
1280 x 768
L'article a été divisé en deux car toutes les vidéos ne se chargent pas sur un seul.
Au plus creux de la vague, dans les cœurs serrés par les angoisses du siècle, un élémentaire besoin de rêve demeure toujours... C'est
alors que paraît un mince livre exprimant en quelques pages très simples cette faim d'évasion, de beauté et de bonté.
Après la mort des illusions, Saint-Exupéry, illuminant la nuit française, nous a apporté en 1942 le Petit Prince. En Angleterre, quand l'Empire et la morale de
Victoria croulent sous les bombes de la Luftwaffe et l'arrivée des G.I., Paul Gallico publie Snow Goose. Aujourd'hui, d'une Amérique désemparée par le sexe, le matérialisme et l'inquiétude, nous
arrive Jonathan Livingston le Goéland de Richard Bach. Trois grands petits livres, trois timides rayons de soleil dans l'ombre des orages, écrits tous trois par des aviateurs. Ce n'est pas une
coïncidence ...
Le Petit Prince aura bien plus marqué ma génération que Citadelle, Vol de Nuit ou Terre des Hommes. Les trente et une pages du Snow Goose de Paul Gallico feront pleurer l'Angleterre héroïque et
désespérée de 1940.
Le Petit Prince, par la limpidité classique du style, l'architecture de l'histoire, la simplicité poétique, immaculée des images, est français, purement français,
accessible aux autres en tant que tel. Jonathan le Goéland est universel, quelles que soient la philosophie, la race ou la religion du lecteur ... C'est pourquoi un tel livre est si
rare.
Après trois ans de clandestinité au sein de cercles restreints de lecteurs initiés, Jonathan Livingston le Goéland est apparu au grand jour. J'avais lu. il y a
bientôt dix ans. Stranger to the Ground … Richard Bach, pacifique rêveur, doux poète, enfermé par l'amour du ciel dans le poste étroit d'un chasseur à réaction F-84-F, refusait déjà la haine
imposée, se débattant entre ces loyautés aux lois et aux conventions qui sont parfois contradictoires avec celles du cœur … Ce texte nous laisse entrevoir Richard Bach, homme de bonne volonté,
étranger sur terre, pilote et écrivain.

Il ne reste plus qu'à lire son Jonathan le Goéland avec le cœur, omme on lit une parabole d'Évangile, et se sentir peut-être ensuite un peu meilleur.
Pierre Clostermann - Le Chesnay, janvier
1973.
Extraits
de la préface à l'édition française - flammarion
1973. Le scénario