Propos maçonniques
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La maçonnerie des
Bonaparte
Napoléon domestique les institutions avec le brio des dictateurs. Dès son arrivée au pouvoir, soucieux de renforcer sa mainmise sur la société, il perçoit les avantages qu'il pourrait
tirer du contrôle de la Franc-Maçonnerie.
Discipliner et surveiller le Grand Orient pour en faire l'un des fidèles soutiens du Consulat puis de l'Empire : tel fut donc l'objectif de Bonaparte. Il s'est servi pour cela d'un homme, Cambacérès, second du régime et éminent maçon.
En échange d'une rationalisation de son organisation, il favorisa la renaissance de la franc-maçonnerie et l'érigea en une institution "officieuse et protégée". Après les premiers tâtonnements,
il en confia les destinées au numéro deux du régime, Jean-Jacques-Régis de Cambacérès. La franc-maçonnerie devint alors un "véritable appareil idéologique" d'état.
Sur les 25 maréchaux d’Empire 17 sont Francs-Maçons, dont Bernadotte, Brune, Kellermann, Lannes, Mac Donald, Masséna, Mortier, Murat, Ney, Oudinot. Le Grand Maître est Joseph Bonaparte, le frère
de l’Empereur.
Le Grand Orient connaît alors un grand développement dans les 139 départements que compte la France impériale à son apogée. Par ailleurs, dans toute l’Europe napoléonienne, la Maçonnerie
impériale est l’outil de diffusion de la philosophie des Lumières, à laquelle étaient massivement restés fidèles les cadres de l’Empire.
Les principes philosophiques et religieux de la Révolution restent à l’honneur … Seules les questions politiques sont totalement proscrites ! Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie et Murat, roi de
Naples sont aussi Grands-Maîtres en leur royaume.
Cambacérès, le fédérateur.
Le parcours de Cambacérès éclaire le rôle des réseaux maçonniques dans l'ascension d'un homme qui devient le numéro deux du régime napoléonien. Né en 1753 à Montpellier, il est initié le 17 mai
1779 dans la loge l'Ancienne et la Réunion des Elus à Montpellier, loge affiliée au Grand Orient à partir de 1781.
Il y mène une activité importante au point d'être désigné comme député de plusieurs loges montpelliéraines au convent (assemblée annuelle) du Grand Orient. Comme les autres maçons, il met en
sourdine ses activités maçonniques pendant la Terreur, mais participe au renouveau de l'ordre.
Il est présent notamment à la réunion de 150 frères des deux principales obédiences, la Grande Loge et le Grand Orient, marquant la naissance du Grand Orient de France en juin 1799, puis
contribue avec Roëttiers de Montaleau, à la réorganisation des loges, profitant de ses fonctions de ministre de la Justice, puis de Second consul.
En 1803, Bonaparte lui demande d'arbitrer les querelles qui divisent le Grand Orient et la Grande Loge Ecossaise. Il s'emploie à favoriser leur union, en évitant de prendre parti, ce qui lui
permettra d'apparaître comme un élément fédérateur des diverses branches de la maçonnerie.
De fait, il accepte la présidence de tous les rites maçonniques. Mais surtout, il est le protecteur de la franc-maçonnerie dont il veut faire un pilier du régime. Il déclare en 1812 :
"Si l'Etat était en danger, j'appellerais autour de ma personne tous les enfants de la Veuve et, avec ce bataillon sacré, en marchant aux factieux, je prouverais au monde entier que
l'Empereur n'a pas de plus fidèles sujets que les maçons français. "
Liens - Historia N° 676 : Napoléon Empereur Des Francs Macons
Napoléon franc-maçon
Maj 12 12 09 *