Propos maçonniques

Le vrai pouvoir des francs-maçons
de François Koch (Editions L'Express, 2009)
 

Extraits : La dissidence du frère frère Tournié
(Article paru dans L'Express, spécial Carcassonne, du 12 mars 2009)

Franc-maçon le plus titré de Carcassonne, ancien grand maître adjoint du GO, il a claqué la porte de l'obédience pour fonder une fédération de loges indépendantes.

En 2002, l'affaire a fait grand bruit au Grand Orient de Carcassonne. L'un des frères les plus titrés de la ville, Jean-Yves Tournié, trente-troisième degré, ancien grand maître adjoint, décide, après trois décennies d'engagement, de rompre avec son obédience. Dans la lettre de démission qu'il envoie au vénérable de la loge Ysatis, le frère Tournié ne mâche pas ses mots: "Je t'adresse ma démission en étant soulagé de ne plus avoir affaire à l'hypocrisie de quelques-uns et au totalitarisme de certains autres ... Le Temple est encore loin !". A l'origine de la rupture : l'utilisation du rite français moderne par le grand-maître d'alors, Alain Bauer pour, selon lui, renforcer son pouvoir sur le Grand Orient. La controverse tourne à l'affrontement. Viscéralement attaché au principe de la "loge libre et souveraine", Jean-Yves Tournié s'insurge contre cette "mainmise", à ses yeux redoutable, du sommet sur la base.

Ancien du Parisien Libéré, ex-patron de L'Indépendant à Carcassonne, aujourd'hui retraité, Jean-Yves Tournié est entré en maçonnerie dans un mélange d'enthousiasme et de fascination. Il a fait ses premiers pas d'apprenti en 1971 dans une loge parisienne, l'Internationale, un atelier progressiste, se souvient-il, composé d'avocats, de médecins, de journalistes, de hauts fonctionnaires. La franc-maçonnerie devient vite l'univers de Jean-Yves Tournié. Il y rencontre des personnages captivants. Après la chute du mur de Berlin, il est de ceux qui vont dans les pays de l'Est épauler la résurrection de la franc-maçonnerie. Le frère Jean-Yves Tournié grimpe dans la hiérarchie. À deux reprises, en 1987, puis en 1994, il devient le grand maître adjoint du Grand Orient. À Carcassonne, à côté de la loge historique des Vrais Amis réunis, il suscite la création de deux nouvelles loges : Cité fraternelle en 1983 et Ysatis en 1984.

La suite de l'article a été supprimée, à la réception du commentaire suivant posté par le frère Jean-Yves Tournié, le 4 janvier 2009 :

"Nous avons quitté le GOTM, dont nous étions les principaux fondateurs, car le président, ancien G.M. du GODF, Simon Giovannaï, a été mis en examen pour escroquerie.

"Plus d'un frère et d'une sœur ont été tellement déçus de constater l'abîme existant entre les discours (et les écrits) et la réalité, que cinq loges libres (trois du Rite Français Moderne de 1783, une du REAA et une du RER) ainsi que le Grand Chapitre Général d'Occitanie-Catalogne-Méditerranée, ont quitté la structure, devenant d'ailleurs de plus en plus structurante.

"Encore une expérience difficile à vivre, mais qui ouvre d'autres horizons à ceux pour qui la liberté de la loge et sa souveraineté ne doivent pas être mises au service de quelques uns, rattrapés par les "affaires".


MAJ 20 11 2010

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Mer 9 déc 2009 Aucun commentaire