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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 23:30

Une sorte de hasard -

A l'origine je ne me souviens pas avoir eu une vocation particulière à devenir franc-maçon. C'est un ami qui s'est dévoilé, qui m'a fait entrer. Une sorte de hasard, donc, par voisinage de palier. Si j'avais choisi un autre logement, je ne me serais pas rencontré avec ce voisin, qui ne serait pas devenu mon ami, qui ne m'aurait pas fait entrer.
 

Ce voisin, cet ami avait-il repéré chez moi quelque vertu maçonnique ? M'aurait-il décelé une vocation ? L'argument doit être spécieux puisque lui-même a, depuis, démissionné : s'il s'était à ce point trompé sur sa propre vocation, n'y a-t-il pas suspicion sur la vocation qu'il aurait repérée chez moi ?
Il faut ajouter que le deuxième surveillant qui a veillé à ma première instruction, a été lui-même radié ultérieurement. Et que beaucoup de frères de cet atelier ont depuis été perdus corps et biens pour la maçonnerie.

Ils avaient cependant mis une boule blanche pour mon élection et décidé que j'avais vocation à être reconnu Franc-Maçon.
  Puis ils ont quitté le navire … Faudrait-il admettre que la maçonnerie épuise les vocations en quelques années ? Ou bien qu'elle se trompe en repérant des vocations qui n'en sont pas ? Ou bien qu'il y ait des vocations temporaires ? J'ai donc été initié, pour la vie, dans un atelier dont j'aime le titre distinctif "La Sincérité Parfaite", Orient de Saint-Pierre le Tampon, île de la Réunion. J'ignorais pratiquement tout de la Maçonnerie en y entrant. Et je me suis laissé porter par le courant.

Le rite m'a d'abord semblé gratuit, théâtre joué par de mauvais acteurs, ânonné par des frères qui lisaient un texte qu'ils semblaient découvrir sur le moment.
  La fraternité m'a d'abord semblé de façade, au regard des disputes, des ambitions : j'observais avec curiosité les frères s'envoyer des invectives, des remarques peu amènes.

L'exigence de rigueur apparaissait dérisoire, comparée au nombre de frères absents aux tenues, ignorant l'obligation d'Excuse et d'Oboles, négligeant donc leur serment.
 Le galimatias de certaines planches de symbolisme me laissait perplexe, à l'écoute de l'éloge traditionnel qu'elles provoquaient de la part du Vénérable Maître en Chaire.

La revendication d'honnêteté m'amusait, connaissant les agissements de certains frères au profane. La prétention aux bonnes mœurs m'étonnait quand même au vu des mœurs publiques de certains.

Ce qui, à la fin, me semblait le plus drôle, c'est quand même que tous ces Frères de Hautes valeurs morales auraient continué de s'ignorer, s'ils n'avaient été initiés dans le bordel qui nous servait de Temple, l'Atelier étant hébergé dans le sous-sol d'un hôtel de passe. Comme Centre de l'Union, c'était bien trouvé…

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Mais ma vocation, je ne risquais pas de la perdre, puisque je n'en avais pas au départ. Je suis donc resté, attentif à tout ce qui se passait, n'en comprenant pas la moitié, persuadé qu'il devait y avoir quelque chose quelque part. Et que j'en aurai la révélation en persévérant.

J'ai été très assidu. J'observai que si je sautais une tenue - pour cause de force majeure, avec Excuse et Oboles - il me manquait quelque chose.
 J'observai que l'initiation me marquait plus que je n'avais pensé. Dans les premiers temps je vivais un rêve, planant au-dessus de la réalité que j'essayais de décrypter au moyen de la "Vraie Lumière", en étudiant à fond l'opuscule qu'on donne à l'apprenti.

Comme j'avais promis sous le bandeau de donner ma maison si on me la demandait, je trouvais normal de contribuer à l'achat d'un nouveau temple, puis j'y consacrais beaucoup de travail opératif dans une sorte de béatitude néophyte bienheureuse.
 Le courant m'emportait, mes Frères mes reconnaissaient Franc-Maçon et selon la formule, je les reconnaissais comme Tels. Je contribuais, un parmi les autres, à les reconnaître comme tels.

C'était mystère quand même : comment pouvais-je, moi, qui ne connaissait rien, faire que les autres étaient reconnus comme francs-maçons. Et cela me reste un des beaux mystères de la Maçonnerie.

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J'ai parcouru le cursus symbolique qui, de l'apprenti fait un maître. Comme maître je ne me trouvais guère différent de l'apprenti que j'avais été. Je ne comprends toujours pas ce qu'est la Franc-Maçonnerie. Evidemment je sais certaines choses, je sais ce qu'elle dit être. Je sais surtout qu'étant maître je dois assumer ce qu'elle est (mais je crains de la rêver idéale), négligeant dans ce qu'elle est tout ce qui ne cadre pas avec l'idéal qui me convient.

Je m'attache à agir dans le monde profane de telle sorte que si je venais à être découvert Maçon, l'ordre maçonnique et mon obédience ne puissent s'en trouver déconsidérés. Je m'attache à agir dans l'Atelier de façon à nourrir la Fraternité entre mes Frères de telle sorte qu'ils y trouvent au moins le contentement d'être là.
Je m'attache à agir dans mon orient pour faire que les Frères des différentes familles maçonniques se connaissent, se rencontrent, se rassemblent au-delà de leurs différences, qu'ils ont tant de goût à cultiver et à préserver. Quel étonnement que cela soit si difficile dans notre fraternité qui se veut universelle !

Je m'attache aussi à ce minimum de rigueur et d'exigence qui permet au maçon de se respecter lui-même afin de provoquer le respect des autres. Je crois voir que les profanes qui demandent l'entrée du Temple espèrent y trouver ce monde de rigueur, d'exigence qui les libérerait du tout-venant, du n'importe quoi, du laxisme courant hors du temple.

Mais je vois bien aussi que des Frères s'éloignent, prennent du champ, que les colonnes sont désertes de beaucoup de Maîtres plus anciens, que les rappels discrets au règlement et à leurs obligations prises sous serment n'émeuvent pas.
Ni excuse, ni obole, ni fraternité pour leurs absences … Où est leur fraternité ?

Quand les colonnes sont décorées d'apprentis et de compagnons, et que je ne vois de Maîtres que dans les Offices, me vient la question de savoir comment l'atelier assure sa pérennité ? Comment la Franc-Maçonnerie perdure dans son message, si ceux qui se sont engagés par serment à assurer cette pérennité se refusent à accomplir leur devoir ?
  


Maj 19 10 09 - GA - L0
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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 23:33

"Sincérité Parfaite" -

Je sais bien que je ne sais rien ou peu de chose de la Franc-maçonnerie. Mais je croyais avoir compris dans cette superbe formule rituelle : "Mes frères me reconnaissent comme tel", que la Franc-Maçonnerie n'est pas un état, que le franc-maçon n'existe pas par soi-même, qu'il n'existe que parce qu'il est reconnu par d'autres francs-maçons qui n'existent eux-mêmes que par la reconnaissance des autres. Or, pous se faire reconnaître, il faut être là ...


Qu'en est-il de celui qui n'est pas là ? Comment les Frères pourront-ils le reconnaître et le faire exister s'ils ne le voient pas et s'ils observent qu'il ne tient pas ses engagements ? Le Franc-Maçon peut-il agir en franc-maçon hors du temple, s'il ne fréquente plus le temple et néglige ses obligations, hors des cas de force majeure ?
Si courte et brève que soit ma vocation, il me semble avoir reconnu qu'elle s'abreuve au temple, en tenue. Et je m'y trouve assidu. Ce ne peut- être suffisant sans doute. Mais il me semble que c'est l'indispensable minimum.

Au demeurant, puisque l'Ordre prospère en l'état des choses, c'est que je dois faire erreur quelque part. Je dois avoir tort de penser ce que je pense. Dans ce cas que reste-t-il de ma vocation si fragilement acquise ?

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II reste que cela fait vingt cinq ans que je vais régulièrement deux fois le mois, rejoindre les Frères pour me faire reconnaître, rejoindre les Frères, pour qu'ils soient eux-mêmes reconnus. J'ai l'humilité, nécessaire, de croire que lorsqu'ils m'ont confié le maillet, ce n'est pas en raison de la vocation qu'ils m'auraient reconnue, mais par le fait qu'il n'y avait personne d'autre sur le moment pour vouloir le prendre.
Je me trouvai dans la position d'avoir à conduire les travaux d'un atelier du Grand Orient sans encore trop savoir ce qu'était la Franc-Maçonnerie, n'ayant pour référence que quelques repères dont les bases me semblaient mal assurées.

Puisque la Franc-Maçonnerie ne s'accorde comme moyen de propagande que la force de l'exemple, je m'efforçai de me couler dans l'image de ce que je m'imaginais devoir être le Franc-Maçon modèle. Comment faire puisque je ne rencontrai plus personne pour dire le modèle et que je devenais, par fonction, le modèle et l'exemple ?
Bien sûr, j'ai fait comme j'ai pu. Puisque la Franc Maçonnerie m'appelle, puisque je reste dedans, je m'efforce de faire ce qu'elle me demande de faire, en espérant sa compréhension et sa mansuétude.

Je ne suis pas sûr de les avoir obtenues. J'ai dû quelque part mettre à côté, car je vois bien que, si l'atelier est prospère de ses nouvelles acquisitions (apprentis et compagnons) il s'est appauvri de nombreux Frères Maîtres qui ne fréquentent plus nos colonnes et qui ne nous font pas la grâce de nous accorder leurs lumières et leur aide, pour instruire, transmettre, assurer la continuité. 
           
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On dit pour les croyants, que la foi vient en s'agenouillant. On dit que c'est en forgeant qu'on devient forgeron. Est-ce en étant franc-maçon qu'on deviendrait franc-maçon ? Progressivement, par le travail sans repos, par l'assiduité exigeante et la fréquentation du temple ? Je ne suis pas loin de me laisser aller à le croire. 
Mais cela doit être insuffisant. Et je ne comprends pas le reste.

Si la Franc-Maçonnerie m'a appelé, début de vocation, je ne parviens pas à entrer complètement : j'ai encore des manques.  Elle emploie des mots qui me sont chers, des grands mots qu'elle ose mettre en avant : Justice, Honnêteté, Liberté, Perfection, et d'autres : Vice et Vertu, Amour et Fraternité, Lumière et Sagesse, Tolérance, Vérité et Utopie et pour couronner le tout : l'Homme et la Société.
II n'est pas question d'Argent ni d'Ambition, de pouvoir ni de profit, de carrière ou de promotion, de supérieur ni d'inférieurs, de domination ou de soumission : "Jamais plus un genou en terre" … Eclatante formule dont j'essaie de me faire un guide de conduite chaque jour.

Certes depuis bien longtemps, avant d'entrer en maçonnerie, je réfléchis à ce qui devrait être juste et honnête pour conduire ma vie et je fais effort pour trouver la vérité et la liberté. Je pense ne jamais avoir trop injurié ces grands mots. Mais est-ce bien suffisant ?
Si la Franc-Maçonnerie m'appelle (vocatio) ce n'est pas pour s'intéresser à mon cas personnel.

Et je ne vois pas que l'exemple que je pourrais fournir si je venais à être parfait, suffirait à promouvoir tous ces concepts dans la société au bénéfice de l'humanité.
Quel autre moyen d'action que le seul exemple ou comment comprendre ce seul moyen d'exemple dont elle se targue pour améliorer à la fois l'homme et la société ? Quel mystère !…

Je me sens un franc-maçon bien indigent. J'ai regardé bien sûr du côté du symbolisme, de la kabbale, du judaïsme, de l'alchimie, des nombres et des religions. Cela ajoute à ma confusion et je reste incrédule, ignorant sans doute. Vocation peut-être puisque j'ai été appelé, mais ignorant et bien incapable d'en être l'acteur parce que je n'en comprends pas les moyens.

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Tout ceci dit dans le souci d'une "Sincérité Parfaite", en mémoire de la lumière que j'ai reçue dans l'atelier qui porte ce titre distinctif …


Maj 19 10 09 - GA - L0
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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 12:06

"La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle" -
 Psaume 118 verset 22 -

Apprenti02L'impétrant qui frappe à la porte soumet avec humilité son "œuvre" aux Grands Gardiens du temple comme preuve de sa qualification. Cette "œuvre", c'est une pierre taillée, image de lui-même, projection minérale de son entité invisible, perçue en géométrie. Les Grands Gardiens examinent cette pierre, la jugent selon les normes du savoir dont ils sont les dépositaires. Finalement, ils décident de la rejeter. Elle n'est pas conforme. Elle n'a pas sa place dans l'édifice en construction. Elle doit être mise au rebut.

Humblement, l'auteur de cette pierre refusée n'oppose que son silence au mépris et aux critiques pontifiantes. Il a perturbé la réunion des architectes. Il est rejeté. Mais, au moment précis où il va être reconduit dehors, l'arrivée du Maître Architecte est annoncée. Il n'est plus temps d'ouvrir la porte pour chasser l'intrus qui est donc provisoirement caché parmi les rebuts du chantier. L'assemblée fait entrer, avec les honneurs dus à son rang, le Maître Architecte, qui annonce que la construction de l'édifice touche à sa fin et demande où se trouve la pierre d'angle. Après avoir écouté le silence embarrassé de l'assemblée, le Maître Architecte annonce aux Grands Gardiens que cette pierre existe et qu'il convient donc de la retrouver. Tous cherchent et ne trouvent pas. Alors, le Maître Architecte se dirige vers les rebuts, là où personne n'a été chercher. Il découvre la pierre d'angle parmi le tas de pierres rejetées.

Il l'examine et la juge parfaite. Cette pierre, dit-il, est celle qui conclura heureusement l'édifice ; c'est elle qu'il attendait et à laquelle il songeait depuis le début de la construction. Différente des autres, c'est par elle que les autres tiendront et c'est pour elle que les autres furent taillées. Comment est-il possible qu'elle ait été rejetée ? La construction a duré très longtemps. Les bâtisseurs ont perdu de vue le sens et la finalité de leur travail. Ils se sont installés dans leurs habitudes. La répétition de leurs gestes les a mentalement rétrécis : ils ont confondu la fin et les moyens, ils ont oublié l'essentiel, ils ont érigé en normes absolues les normes relatives aux phases transitoires. Erreur fondamentale, voilà la lourde faute contre l'esprit dont les Grands Gardiens se sont rendus coupables. Comment peut-on bâtir, demande le Maître Architecte, si l'on projette le présent dans le futur, si l'on est incapable de concevoir autre chose que ce qui existe déjà ? Après avoir exprimé à l'assemblée sa juste réprobation, il demande où est l'auteur de la pierre si longtemps attendue. Les Grands Gardiens vont alors humblement chercher celui qu'ils avaient caché dans les rebuts.

Le Maître Architecte le félicite et lui remet son maillet, signe d'autorité, qui ne peut être confié qu'au détenteur d'un véritable savoir-faire, sous peine de désordres préjudiciables à l'édifice. "Tu conduiras la phase la plus délicate de la construction, lui dit le Maître Architecte, car tu es le mieux qualifié pour le faire, parce que tu es l'auteur de la pierre unique, la pierre d'angle. Tu es ici le plus digne de me succéder, pour concevoir le plan d'un autre édifice, plus grand et encore plus beau que celui-ci" ...

Lorsqu'un profane est entendu sous le bandeau et que chacun se trouve en situation d'exercer son pouvoir discrétionnaire sur un candidat qui demande son admission parmi nous, il m'arrive de penser intérieurement : "Ecoute cet homme qui est venu frapper à la porte, essaie de le comprendre, car si tu fermes la porte à ses erreurs, la vérité risque de rester dehors" ...

                                                                                                      Sources - La Franc-Maçonnerie de Marque -


La pierre n'a point d'autre espoir d'être autre chose que pierre ... Mais de collaborer, elle s'assemble et devient Temple ...

 

Lire La Pierre des maçons d'autrefois sur le site d'Alma Universelle


Maj 19 10 09 - GA - L0

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 11:08

En mémoire de mon frère Jean, médecin -

 


caducéeLes médecins, comme tout un chacun et comme les francs-maçons eux-mêmes, sont grands pourvoyeurs de colloques. Ils colloquent sur tout, sur rien et sur les colloques eux-mêmes. Celui dont il s'agit ici est unique. Il concerne les médecins, qui en parlent gravement, solennellement en brandissant bien haut, comme un signe de détresse l'acclamation : "Et notre colloque singulier !".

Qu'est-ce que ce colloque peut bien signifier d'extraordinaire ? Colloque, parler avec, tout le monde comprend, même si cela reste très ambigu. Car un colloque peut souvent se régler par le porte-monnaie, par des mots (à Genève) ou par des obus (à Kaboul). Toute l'énigme réside donc dans le mot singulier, qui veut dire : seul car secret, sans attache car libre, solitaire car privé entre deux personnes, spécifique car propre à la médecine, unique enfin dans son occurrence et dans son déroulement.

Toutes ces exigences confèrent au colloque singulier un caractère quasi sacré qui plane sur toute la déontologie médicale. Le colloque singulier, c'était toute la médecine, c'était tout l'Art de soigner ... Ce n'était pas la rencontre de deux numéros INSEE, mais celle de deux consciences ... L'une qui venait confier sa souffrance, souffrance de son âme, de son cœur, de son corps, sans risquer d'abandonner sa dignité. L'autre qui recevait avec une chaleur fraternelle et qui essayait d'apporter la compréhension, la consolation, le soulagement.

L'acte médical n'était que cela, mais il était tout cela ... Il avait la solennité d'une pièce de théâtre et y ressemblait bougrement, dans le respect des trois unités du théâtre classique. Mais il était surtout par essence, une véritable épreuve d'Artiste. Car seul l'Art pouvait combler partiellement ce que la science des années quatre-vingt n'avait pas encore apporté.

Comme l'artisan, le médecin devait être longtemps apprenti, il devait se soumettre à l'Internat, comme à un Tour de France, et devait enfin parachever son œuvre seul, avec l'aide de ses mains. Il y puisait parfois un bonheur ultime, encore présent à chaque instant dans la nostalgie de la retraite.

Mais le temps a passé, avec une révolution des connaissances, des techniques, des esprits ... Révolution des mots eux-mêmes, car si les médecins ont conservé le Colloque Singulier, comme les francs-maçons ont conservé la Truelle, on peut se demander si le nouveau contenu que l'on y a mis ne l'a pas tué ... Car les deux interlocuteurs ne sont plus seuls, plus libres, plus solitaires, plus indépendants des contraintes extérieures ...

Il y a entre eux La Société qui, après avoir payé sans broncher, veut maintenant savoir et régenter. Il y a entre eux La Machinerie de l'exploration, de l'investigation, de l'analyse. Il y a encore La Machinerie thérapeutique et une double obéissance est demandée : obéissance au protocole thérapeutique et obéissance au protocole de la Sécurité Sociale, qui met en liberté surveillée la Liberté de prescription du médecin.

Il y a enfin, entre les deux interlocuteurs, l'ombre de la Justice, car la froide et exacte Vérité apportée par la machinerie, fait du médecin un Technicien de Santé justiciable et "Garétisable" à merci ... Pour un colloque singulier, cela finit par faire beaucoup de monde et le singulier a ainsi trouvé son épanouissement dans la pluralité.

Le diagnostic, qui était le couronnement du travail personnel, la fierté du médecin, est devenu un enfant qu'aucun de ses pères putatifs n'a la fierté de reconnaître. Où sont alors l'Art, l'Esthétique et le bonheur ultime du médecin ?

Bien sur, ce bonheur n'est pas le but de la médecine ... Bien sur, l'effraction du Colloque Singulier par la Machine et par la pluridisciplinarité permettent aujourd'hui des diagnostics de plus en plus surs et souvent, au lieu d'un simple soulagement, des guérisons définitives ... Bien sur, il y aura toujours le Cœur, la stimulante inquiétude du médecin.

Il pourra même y avoir le panache, l'élégance, la perspicacité, l'intuition, une petite libido, sans jouissance garantie. Enfin, il y aura toujours le Bouffon et le Contrôle Fiscal.

Mais que la Médecine de jadis était belle ... Même ignorante, même impuissante !


Maj 19 10 09 - GA - L0

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 08:14

Au commencement, l'homme s'étonna de toutes choses et il adora la puissante nature, le soleil, le feu, les moissons, les animaux et dans le même temps, il essaya d'agir comme les plantes poussent, ce qui fut magie. J'appellerai religion de la nature cette religion mère, où la nature paraît comme invincible et impénétrable.

Vint ensuite la religion olympienne, où la forme humaine est seule adorée et où le monde est gouverné comme un royaume. J'appellerai religion politique cette religion des conquérants. Je l'appellerai aussi bien religion urbaine, par opposition à la première qui est évidemment agreste.

Et quant à la troisième religion, qui est devenue dans notre occident non moins populaire, sous le nom de christianisme, on ne peut s'y tromper d'après les nouvelles valeurs qu'elle enseigne, je la nommerai religion de l'Esprit. Et je n'en vois point d'autre. Telles sont, en fait, les étapes de l'Homme.

Je ne puis dire au juste à quel moment je suis sorti du catholicisme. Sans doute lorsque j'ai compris que la tristesse n'est ni grande, ni belle et que la sagesse ne consiste pas à méditer sur la mort en creusant sa propre tombe comme les trappistes. J'ai pensé qu'il n'était pas possible que ce soit là le vrai secret de la vie et je me suis délivré de cette religion comme d'une maladie ... J'ai tout de même l'empreinte. Nous l'avons tous ...

Ainsi, j'appellerai religion de la nature cette religion mère. Et le dieu Pan figure très bien pour moi ce panthéisme naïf, où le dieu Tout se change en une poussière de dieux. Les saisons, le réveil périodique de la végétation, le changement et le retour des astres qui annoncent ou accompagnent tous les autres changements, les mœurs et les migrations des animaux, le tonnerre, la foudre, l'orage, les comètes, les éclipses, les cyclones, les volcans, toutes les terrifiantes exceptions, les sources aussi, les images reflétées, l'écho - autre reflet - l'obscurité et le silence des bois, tout cela ensemble est l'objet d'un culte et l'occasion de fêtes.

Et ce paganisme, ou religion des paysans, subsiste encore sous mille formes. Mais il faut être paysan pour sentir pleinement cette religion du soleil et des saisons. Les citadins qui ne sont qu'usuriers et emprunteurs, comptent par échéances et par semaines.

L'idée qui me semble exprimée dans toutes ces fêtes paysannes : Pâques, qui est la fête du printemps ou de la résurrection, la fête-Dieu, qui est la fête des fleurs, la célébration des morts au moment de l'année où toutes choses commencent à mourir, c'est qu'il faut attendre la nature, faire comme elle veut, ne pas discuter, ne pas souhaiter d'autres cieux et un autre monde, ni une condition surhumaine, ni un progrès selon nos préférences. Mais j'y vois aussi un espoir ou une confiance. Car l'homme qui se plaint de sa condition humaine
et qui accuse la nature est un homme qui commence à mourir et même qui souhaite mourir.

A cette religion agreste, s'oppose la religion urbaine. Les forces naturelles sont remplacées ici par le veilleur de nuit, le boulanger, le magistrat, le médecin, le prêtre. Une autre nature se montre ici toute humaine, et l'on voit apparaître alors la religion politique, qui est l'olympique. La religion politique est toute de commémorations. C'est une religion du foyer et des ancêtres. Ce culte est universel.

La piété, en son sens le plus positif, veut que l'on fasse société avec les morts et qu'on leur rende ainsi une sorte de vie ... La piété s'appuie sur les signes et les anniversaires. Elle se donne des devoirs contre l'oubli. Mais chacun sait bien que l'oubli est plus fort que la piété et que c'est un peu la faute des morts et un peu la nôtre. C'est un peu la faute des morts s'ils n'ont guère valu par leurs conseils et par leur exemple. La religion s'amincit alors jusqu'à une politesse de forme, et sans promesse de durée. Mais c'est aussi notre faute à nous si les morts meurent une seconde fois.

Jupiter est un homme, mais il n'arrive pas encore à être un dieu. Jupiter n'est pas assez dieu. Il n'est pas non plus tout à fait homme. Et c'est parce qu'il n'est pas assez homme qu'il n'est pas encore digne d'être dieu. Jéhovah, au contraire, n'est plus homme du tout. Et sa façon d'être incompréhensible est celle de l'indescriptible qui se cache derrière un nuage. Ce pur esprit ne peut plus s'incorporer. Il est coupé de l'homme ...

Il fallait donc revenir plus près de l'homme vrai. La religion s'est donc incarnée. Et ce n'est pas peu de chose, que d'avoir reconnu et commémoré le modèle spirituel de l'homme, couronné d'épines, non seulement jugeant mieux que nous, mais souffrant mieux que nous. Tel est le second mouvement de l'esprit qui nous ramène du pur esprit à l'esprit fraternel.

Ce dieu nouveau, qui enfin est homme, termine un long tâtonnement d'idolâtrie errante. Mais le plus divin, en ce Dieu-Homme, c'est la conscience élevée jusqu'à l'Esprit, et qui propose une autre société et une autre vie. Voilà donc l'Esprit, que le culte cherche et espère, comme l'enfant Dieu le signifie assez.

Les images de Noël sont étonnantes et même à bien regarder, subversives. Il y a lèse-majesté dans ce vieux mythe et j'admire comment la pensée populaire tient ferme depuis tant de siècles. Cet enfant dans la crèche, entre le bœuf et l'âne, et ces rois mages adorant, cela ne signifie pas que les pouvoirs vaillent un seul grain de respect. Il me semble aussi que le bœuf et l'âne, dans cette puissante image, figurent les dieux de l'Inde et de l'Egypte, déchus mais encore participants.

Il faut que l'Esprit, en chacun de nous, réalise l'unité entre la loi du Père qui demeure, et la loi du Fils, qui est éternelle …

II nous reste donc, après avoir écarté les mensonges des prêtres, à prendre la vie noblement et à ne point nous déchirer nous-mêmes et les autres par contagion. Etre bon avec les autres et avec soi-même, les aider à vivre, s'aider soi-même à vivre, voilà la vraie Charité. La bonté est joie. L'amour est joie. Voilà par quelles vérités on sauve ce qui est à sauver, et que la religion a perdu, j'entends la belle Espérance …

Car il n'est pas sur que les chemins s'ouvriront si on a la Foi. Mais il est certain que tous les chemins resteront fermés si on n'a pas d'abord la Foi. Si l'on y regarde bien, la Foi ne peut aller sans l'Espérance. Et il y a un genre d'Espérance et un genre de Foi qui conviennent à tous les hommes et dont le vrai nom est Charité ...

Et voici l'évangile nouveau : la paix sera si les hommes la font, la justice sera si les hommes la font ; nul destin, ni favorable, ni contraire n'est écrit ; les choses ne veulent rien du tout ; nul dieu dans les nuages, mais le héros, seul sur sa petite planète, seul avec les dieux de son cœur, Foi, Espérance, Charité …
 

                                                                                                                                    Sources : Alain - Propos


Maj 19 10 09 - GA - L0
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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 08:16

"Le bonheur n'est pas au bout du chemin, le bonheur c'est le chemin" ...

C'est dans les religions que l'on trouve les réponses les plus anciennes à la question du bonheur. Une certaine conception de la spiritualité, très courante, fait qu'un nombre considérable de gens sont persuadés que le bonheur se trouve loin au-delà de notre vie présente et que la vie terrestre n'est destinée qu'à nous y préparer. Nous ne le connaîtrons, ce bonheur, qu'après notre mort, ou bien lorsque nos pensées atteindront les plus hautes sphères pendant notre vie, si bien que nous serons encore au monde, mais non plus tout à fait de ce monde.

Il semble bien qu'une telle idée vient de ce que les vérités spirituelles sont décrites, pour des besoins de simplification, en termes de temps et d'espace. Le ciel et l'enfer sont repoussés dans le temps vers une vie après la mort, ce qui entraîne un dégoût manifeste pour le monde tel qu'il est et ce qui ne peut donc être une source de bonheur.

Cette réflexion se fonde sur la conviction que le bonheur, dans ce qu'il a de plus profond, se trouve bien au-delà de la portée de quelque technique ou de quelque croyance que ce soit. Aucun conseil ne sera donc donné ici sur ce qu'il convient de faire pour devenir heureux.

En tout premier lieu il faut distinguer l'eudémonisme, qui est la doctrine philosophique du bonheur et l'Hédonisme, qui est un système philosophique qui définit le plaisir comme le but ultime de la vie. Et comme il est possible de prendre du plaisir à faire du mal aux autres, il est tout à fait essentiel de bien définir le bonheur dont il sera question ici.

La morale d'Epicure tient le bonheur comme le souverain bien et la fin ultime de l'homme. Le bonheur consiste dans la volupté, mais la volupté liée à la raison et à la modération, une sorte d'hédonisme moral. Le résultat de la critique de Kant est le scepticisme métaphysique et le dogmatisme moral. La morale ne peut être fondée sur le désir d'atteindre le bonheur, mais sur le Devoir. On doit donc se rendre digne du bonheur en subordonnant sa quête au respect des lois morales dictées par la raison. Nous laisserons enfin aux stoïciens l'art d'être heureux quand le malheur leur tombe sur la tête.

On pourrait penser que la notion de bonheur est essentiellement subjective. Ne dit-on pas que le bonheur des uns fait le malheur des autres, et inversement. Nous devons aussi distinguer la joie et le bonheur. La joie est un état passager qui s'extériorise en général, même s'il existe des joies intérieures. Mais cet état est d'une durée limitée, souvent provoqué par un événement extérieur ou imprévu, ce qui donne à la manifestation de la joie le caractère spontané que l'on connaît bien.

Le bonheur est une chose très différente. C'est un sentiment plus intérieur, plus profond, plus intime, qui se fonde sur une sensation durable de la plénitude de l'existence, d'une harmonie véritable dans le déroulement de notre vie, d'un accord parfait entre nos aspirations les plus profondes et la réalité de notre existence. Le bonheur enfin, n'est pas le contraire du malheur et il n'y a pas de passage direct mais, au contraire, toute une série d'états pour passer de l'un à l'autre.

D'un côté, il y a ceux qui veulent faire jouer les mécanismes spirituels à leur profit et qui s'efforcent d'imposer leur propre volonté aux choses. De l'autre, ceux qui s'ouvrent au réel, à ce qui est. Ici se joue l'accès à une véritable liberté intérieure. Etre libre, c'est être capable d'adhérer intérieurement, au-delà de toute nécessité, à tout ce qui advient. Tel est sans doute le bonheur en question.


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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 08:18

Notre bonheur dépend-t-il de nous ? Notre destin n'est-il pas écrit une fois pour toutes et quelles sont réellement la portée et les limites de notre liberté individuelle ? Le mythe d'Er, le Pamphylien est sans doute l'une des plus belles pages écrites sur la relation du destin et de la liberté. Er est un soldat grec, tué au cours d'un combat, et qui se réveille huit jours après sa mort sur le bûcher de sa crémation. Et il est renvoyé, du séjour des morts, pour raconter aux vivants ce qu'il a vu dans l'au-delà ...

C'est ainsi que Platon raconte qu'un certain Er, qui avait été pris pour mort au soir d'une bataille, revint des enfers, une fois l'erreur reconnue, et raconta ce qu'il avait vu là bas. Les âmes sont conduites dans une grande prairie et on leur jette des sacs, où sont des destinées à choisir. Ainsi choisissent-elles selon leurs désirs ou leurs regrets. Ceux qui ont désiré l'argent plus que tout, choisissent une destinée remplie d'argent. Ceux qui en ont eu beaucoup, en cherchent encore davantage. Les ambitieux cherchent une destinée de roi. Les voluptueux cherchent des sacs pleins de plaisirs. Pour finir, chacun va boire l'eau du fleuve Léthé et s'en retourne, avec un nouveau destin sur l'épaule, afin de vivre sur la terre des hommes, selon son choix.

Voici une singulière épreuve et une bien étrange punition, beaucoup plus redoutable qu'elle n'en a l'air. Car il se trouve peu d'hommes qui réfléchissent sur les véritables causes du bonheur et du malheur. Ceux-là remontent jusqu'à la source, c'est à dire jusqu'aux désirs tyranniques qui mettent la raison en échec. Ils se défient des richesses, car elles rendent sensibles aux flatteries et sourds aux malheureux. Ils se défient de la puissance, car elle rend injuste, plus ou moins, tout ceux qui en ont. Ils se défient des plaisirs, parce qu'ils obscurcissent et éteignent enfin la lumière de l'intelligence. Ces sages là retourneront prudemment plus d'un sac de belle apparence, toujours soucieux de ne point risquer de perdre, dans une brillante destinée, le peu de sens droit qu'ils ont acquis et conservé avec tant de peine. Sans doute choisiront-ils quelque destinée obscure dont personne ne voudrait.

Mais les autres, qui ont galopé toute leur vie après leurs désirs, sans regarder plus loin que l'écuelle, ceux-là, que voulez-vous donc qu'ils choisissent, sinon encore plus d'aveuglement, plus d'ignorance, plus de mensonge et d'injustice ? Ainsi se punissent-ils eux-mêmes et bien plus durement qu'aucun juge ne les punirait. Sans aucune expérience d'une vie future, qui suive la mort, c'est trop peu dire que l'on n'y croit pas, on ne peut rien en penser du tout. Mais la vie future, où nous sommes punis selon notre propre loi et même selon notre propre choix, n'est-ce pas plutôt cet avenir même où nous glissons sans arrêt et où chacun développe la destinée qu'il a choisie. Rapporté à la mort symbolique du processus initiatique de l'Initiation maçonnique, le mythe d'Er le Pamphylien est proprement fulgurant.

Dans la relation entre le destin et la liberté, l'enjeu capital est de savoir qui préside aux destinées de chacun. Chez Hésiode, le destin est trinité : Clotho, la fileuse, dont la quenouille déroule le fil de la vie, Lachésis, dispensatrice du sort, qui assigne à chacun sa destinée, Atropos, l'inflexible, qui de ses terribles ciseaux, tranche sans pitié le fil des existences. Le destin est avant tout ce qui donne à chacun son lot, sa part, sa place.

Dans le stoïcisme, il est comparé à un metteur en scène, distribuant à chacun son rôle, ou à un maître de banquet, assignant à chacun sa place.=Platon se démarque d'une conception exclusivement fataliste du destin en intégrant la capacité de l'homme à choisir, à se choisir, au travers d'une réflexion informée et responsable. Des lots existent, des modèles sont tracés, écrits, filés, les destinées rédigées. Mais elles sont proposées comme des possibilités d'existences et non imposées comme des existences obligées. L'être est à la fois informé et libre, sans pression ni entrave dans sa décision, responsable enfin des conséquences de son choix, des tous ses choix, sa vie durant.

Ainsi, tout repose sur la qualité de la réflexion de chacun et certains paieront très cher d'avoir pensé si peu, si vite, si mal. Il est d'ailleurs très significatif de retrouver dans le mythe d'Er, la trilogie : pouvoir, argent, sexe. A cette trilogie, qui constitue la voie la plus sure pour l'aliénation morale et sociale de l'homme, répond la devise de la franc-maçonnerie : liberté, égalité, fraternité, mise en oeuvre dans l'itinéraire initiatique du franc-maçon.

Bien choisir, voilà l'enjeu, mais bien choisir n'est pourtant pas tout, car l'essentiel est de bien vivre. Même le dernier venu, s'il choisit avec intelligence et s'efforce de bien vivre, peut ramasser une condition convenable et bonne. Nos destinées, ces "patrons" d'existences, ensembles définis de "compossibles", selon la terminologie de Leibniz, ne portent en effet que sur les événements, les péripéties, d'une vie. Le scénario est écrit, mais non la manière de le jouer. La vertu, cet unique nécessaire, dans nos actes et nos comportements, décidera, sinon du contenu, du moins de la qualité de la vie menée ici-bas.

La déclaration de l'hiérophante est formelle : "La vertu n'a point de maître. Chacun en aura plus ou moins selon qu'il l'honorera ou la négligera". Une chose est de se voir attribuer une destinée, une autre est de gérer l'emploi, vertueux ou non, de sa situation. Le destin détermine le schéma d'une vie, non sa qualité spirituelle, qui relève, elle, de la seule liberté et de la seule responsabilité individuelle.

En tous lieux dans le monde, la cité ou les âmes, ainsi qu'en tous temps, la pensée réfléchie règne en souveraine. Le bonheur est à ce prix.


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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 08:20

Depuis une cinquantaine d'années, les hommes semblent avoir fait la découverte d'une nouvelle vertu et d'un nouveau vice de l'âme. Accepter la vie, serait cette vertu et fuir la vie serait ce vice. Bien entendu, ni ce vice, ni cette vertu ne sont bien nouveaux et les psychologues modernes ne sont pas les premiers à en avoir pris conscience. Mais pendant des siècles, le symbole du courage moral a été Saint Michel et le dragon : un Saint Michel, qui se tient triomphant sur le cadavre d'un horrible serpent griffu, aux ailes de chauve-souris, la lance plantée dans son coeur. Un mythe encore plus ancien raconte le combat d'Hercule contre l'Hydre de Lerne, où le héros, à chaque fois qu'il coupe l'une des têtes du monstre, qui en a plusieurs, en voit repousser sept autres.

Le problème du mal n'est, en effet, pas aussi simple que ne le ferait penser la morale par le combat. Les désirs, les sentiments et les impulsions de l'âme, auxquels nous donnons le nom de Mal, semblent se nourrir de cette résistance. La haine ne cesse pas du fait de la haine. C'est l'amour qui fait cesser la haine. Et nous avons pourtant beaucoup de difficultés à admettre que nous pouvons surmonter une bouffée de haine, en aimant celle-ci. Mais tout comme dans la peur, la haine de la haine ne fait qu'ajouter un sentiment de haine à un autre et le résultat est à l'opposé de celui qui est recherché.

On trouve aujourd'hui une fraction de l'opinion qui reconnaît que l'origine du mal, sous toutes ses formes, est d'ordre interne et que l'on a de meilleures chances de le maîtriser à l'aide de techniques plus pacifiques. Les promoteurs de cette attitude sont les psychologues modernes qui pensent que nos pulsions ne peuvent pas être simplement éliminées sans laisser de traces, car elles proviennent de quelque chose qui, en l'homme, est bien au-delà de la maîtrise de sa raison et de son esprit conscient. Cet aspect inconscient de lui-même, c'est l'irruption de l'irrationnel dans l'homme, que des siècles de civilisation et de discipline morale ont fini par lui faire oublier ou ignorer. Et nos expériences les plus ordinaires et les plus quotidiennes nous montrent que les forces naturelles sont extraordinairement difficiles à contrôler.

Voilà un fil conducteur qui devrait nous permettre de comprendre ce que l'on entend lorsqu'il est question d'accepter le mal, en reconnaissant que ce que la morale appelle ainsi n'est qu'une pulsion naturelle, qu'il n'y a pas lieu de craindre, si elle reste à sa place, au fond de nous-mêmes. Ainsi notre attitude envers le mal pourrait-elle être débarrassée de tout sentiment de haine.

L'acceptation de la vie signifie précisément que l'on accepte tout ce qui fait partie de la vie, ce qui ne peut toutefois constituer un "laisser-faire" spirituel. Le premier niveau d'acceptation relève d'une question technique, alors que le second niveau relève d'une question de spiritualité. Les philosophes orientaux décrivent le premier niveau comme l'acceptation partielle de la vie, expression d'un état d'esprit dualiste, qu'ils distinguent d'un état d'esprit véritablement Un. Le second niveau d'acceptation totale et d'amour de la vie reste toutefois insaisissable pour nous tant que nos efforts pour y parvenir créent un conflit constant avec tout ce qui semble aller dans le sens contraire.

Accepter totalement la vie, c'est avant tout être libre de se comporter moralement. L'idée de l'acceptation totale demeure en partie cachée dans le christianisme. Seuls quelques mystiques en parlent sans détour, alors que les religions orientales, au contraire, y insistent particulièrement. Mais il ne suffit pas de changer les noms des pouvoirs de l'âme humaine, que les anciens appelaient dieux et démons, pour qu'ils soient aussitôt privés de leur magie. Ils conservent toutes leurs caractéristiques divines ou démoniaques, même lorsqu'on a supprimé leurs auréoles et leurs ailes, ou leurs cornes et leurs pieds fourchus. Comme nous l'avons vu, la psychologie de l'inconscient, cherche à reconnaître, de nouveau, nos dieux et nos démons.

Ce qui est fondamental, en fait, est de parvenir à assimiler consciemment des phénomènes jusqu'alors inconscients et de les accepter, en dépit de leur apparente irrationalité. Il n'est pas rare que le rêveur raconte avoir vu des formes et des symboles dont il n'a jamais eu la moindre connaissance consciente et que certaines séries de rêves suivent d'assez près le déroulement de certaines cérémonies d'initiation. Jung les décrit comme un déplacement du centre de la personnalité qui va de l'ego au soi. Dans son système, Jung en fait le centre de l'ensemble du psychisme. Pour lui, l'ego n'est qu'au centre du moi conscient et le soi, une sorte de point virtuel, entre le conscient et l'inconscient, qui doit donner satisfaction aux exigences de l'un comme de l'autre.

Les rêves qui illustrent cette situation prennent généralement la forme d'un mandala, d'un cercle magique, de la fleur d'or, le lotus pour les orientaux, de la rose au centre de la croix, ou de tout ce qui peut illustrer la complétude, l'équilibre et l'accession à un état spirituel central. Une caractéristique intéressante de ces mandala est que le cercle qui les compose est habituellement divisé en quatre ou comporte une fleur à quatre pétales. Cette répartition symbolise le complet développement de l'individu dans toutes ses facultés ou fonctions : Intuition, Intelligence, Sensation, Sentiment, la quintessence du bonheur. Créer, se créer soi-même, reste fort difficile. Mais la création n'est pas le résultat d'une crispation du moi sur ses propres limites, mais un apaisement lié à l'abolition de ces limites. Le paradoxe ne disparaîtra jamais totalement de l'être réunifié, mais sera vécu sur le mode apaisé des contraires dans le soi.

L'univers devient alors un mystère infiniment plus grand que tout ce qu'il est possible d'imaginer. Et rien ne peut nous rendre plus perplexe que de nous demander comment il se fait que chacun de nous ait la possibilité d'utiliser, dans le moindre de ses actes, la même énergie que
celle qui meut les étoiles.

Alors, les vers qui terminent le chant XXIII, le dernier du Paradis de Dante, prennent tout leur sens :
 

                                     Mais mes propres ailes n'y auraient point suffi,
                                     
Si mon esprit n'avait été frappé par un éclair
                                       
Dans lequel me vint l'objet de mon désir.
                                    
 Ici les forces manquèrent à ma sublime vision,
                                   
Mais déjà faisait tourner mon désir et ma volonté
                               Comme une roue qui se
meut d'un mouvement uniforme.
 


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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 21:09


 Lorsque Profane, nous demandons l'entrée du Temple, nous attendons d'entrer dans un monde d'initiés, fait d'exigence, de rigueur, de dévouement … Monde d'extra-ordinaire, qui nous permette le contact avec nous-même, la rencontre avec l'autre, la compréhension du monde …

Sans savoir ce qu'est la Franc-Maçonnerie, le profane qui cherche à entrer, souhaite confusément quelque chose de différent qui lui permettra, au-delà de ce qu'il a vécu déjà, d'aller plus loin, vers soi-même, vers les autres, vers le Monde ...

Ignorant encore des moyens, des buts de la Maçonnerie, il a ce souhait confus de trouver enfin un secret de Vie … L'initiation lui donne la Lumière … Il en est tout illuminé … Et Frère parmi les Frères, il découvre un monde nouveau … Il ne s'appartient plus. Il appartient à l'ordre universel, pour le reste de sa vie … Il est plein d'ardeur. Tout lui semble Beau et Bon …

Comment ? Pourquoi accepte-t-il ainsi de tout donner, de se donner ? Qu'est-ce que la Franc-Maçonnerie que nous vivons, qui prétend tout prendre, tout apporter ? Le nouvel initié se trouve-t-il justifié d'avoir donné, de se dévouer à l'Ordre qui le prend ?

Attention au breuvage de la coupe sacrée qui devient insipide … Attention à l'amertume qui survient et aux déboires … L'initié en cours de chemin parfois trébuche, hésite et renonce … D'où vient l'hésitation et l'amertume ? Quel est parmi nous le Frère qui n'a pas hésité un moment ? Qui n'a pas regardé en arrière, interrogatif, doutant de la lumière et du chemin, remettant en cause le don de soi ?

Qu'est-ce que la Maçonnerie qui n'enseigne rien, ne révèle ni Vérité, ni Dogme ? Ne dit pas où aller ni comment ? Ne donne ni consigne pour l'action, ni directive, n'impose aucune façon de voir ? Qu' est-ce que la Maçonnerie qui prétend tout prendre et ne donne rien ?

Hautes valeurs morales, dit-elle … Mais on voit bien encore quelque vilenies … Concorde, Amour fraternel affirme-t-elle … Mais comment ? Quand l'égrégore est si difficile et que s'affrontent, dans le Temple, les humeurs et les passions ?

Mais quelque chose se passe … La Franc-Maçonnerie demeure, dans ses temples, ses symboles, ses outils … Dans ses Frères aujourd'hui assemblés … De quoi est-elle faite, qui perdure, se transmet et renaît, prend essor ? Comment ? Alors qu'elle ne s'accorde de moyen que l'Exemple et la Parole ? Sa force, dit-elle, dans sa discipline volontaire, bannit ce qui divise et prône ce qui rapproche …

Mes Frères, bannir ce qui divise et cultiver ce qui rapproche ! Et puis la Liberté, l'Egalité, la Fraternité pour philosophie … Quel chantier sans cesse rouvert, sans repos.

Et voilà encore que le Franc-Maçon n'existe pas sans l'autre, n'a d'existence que si les autres le reconnaissent … "Mes Frères me reconnaissent comme tel" … A lui de se faire reconnaître : mots, signes, attouchements, certes … Mais Tolérance, Fraternité, Valeur Morale, au Temple, parmi les siens, au Temple, assidûment … Pour retrouver sa source, pour prendre la lumière, qu'il portera dehors, d'exemple et de Parole ... Jusqu'à y revenir, pour continuer à se faire reconnaître et reconnaître …

Assiduité … Travail constant … Mais le monde profane pèse lourd de sollicitations et d'ambitions qui distraient de l'obligation maçonnique, toute entière gratuite et bénévole … Ainsi voit-on des Frères prendre distance et disparaître …

Question : Ne suis-je pas responsable, moi et mes frères ? Quel exemple, quelle force, ai-je donnés, avons-nous donnés, qui n'ont pu servir d'exemple, qui n'ont pu rassembler ?

Qu'est-ce que la Franc-Maçonnerie ? ...

                                    * Illustration - Maison d'un ancien bâtisseur de cathédrales à Chinon - 37

 

 


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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 08:46

                           Les Mystères d’Eleusis (Rite initiatique).

1 - Le mythe - Déméter et Coré -

Dans une première approche, le mythe de Déméter et Coré apparaît simple à lire. Coré rejoint son époux au royaume des morts et c'est l'Hiver. Coré rejoint sa mère, dans le monde vivant et c'est l'Eté … Déméter, dans son désespoir de perdre sa fille, l'hiver retient la Vie. Déméter, dans la joie de retrouver Coré, l'été rend la Terre à nouveau féconde et les blés mûrissent … Ainsi explicité par le mythe, le cycle des Saisons alterne tristesse et joie, de la mort à la vie jusqu'à la mort en espérance de vie.

Première approche, où l'on voit aisément que dans la douleur de la mort on met de l'espérance … Coré morte revivra et sa résurrection libère la vie … Morte certes et l'hiver porte le deuil. Mais vivante dans la mort, elle fera ressurgir l'été et ses moissons … Morte bien sûr, mais porteuse de vie, de l'espérance de vie. Parce qu'on met les morts en terre, la Terre s'ouvre et absorbe la jeune fille pour le royaume des morts. Coré crie, certes, mais personne ne peut rien contre l'inéluctable… Pas même sa mère Déméter l'égale de Zeus.

Coré crie, certes, mais Hadès l'emmène pour la passion et la voilà morte pour les vivants … Mais au Royaume des Morts, elle règne … Donc elle est vivante : elle est sur la couche d'Hadès, respectée. Elle règne sur les morts, reine des morts. Elle n'a pas disparu puisqu'on la retrouve. Elle vit dans la mort … II y aurait donc une vie dans la mort ?

Et l'on voit bien, dans nos climats tempérés, que dans la mort apparente de l'hiver les germes de vie, dans la terre, préparent la renaissance du printemps … la résurrection. Et que si les sèves stagnent, les bourgeons se forment, en attente. Et gardent l'Espoir. Dans la terre disparaît la graine, mais de la terre jaillit le germe de vie, porteur de l'espérance …

Et tout à coup, apparaissent des Lois : certes les dieux sont fantasques, avec leurs passions et leurs volontés folles qui s'imposent au monde des hommes … Mais il y a des Lois que la volonté des dieux ne sait transgresser. Puisque Coré a mangé un pépin de grenade, elle restera inéluctablement liée au royaume des morts et à son époux Hadès. Elle a mangé le pépin de grenade : le mariage est donc indissoluble même contre la volonté des dieux. Hadès sait bien que ni Zeus ni Déméter n'y pourront rien. II y a l'Inéluctable à quoi les dieux eux-mêmes se soumettent. II y a des Lois … Le monde est régi par des Lois …

Première approche encore, le mythe semble lisible. La nuit Déméter, la nourrice, cache l'enfant dans le feu, dans une braise ardente … Forgé ainsi au feu, l'enfant deviendra immortel. Il aurait la vie éternelle, échappant à la vieillesse et à la mort. Le feu source de vie, garant de vie … Déméter, la déesse de la vie et de la fécondité, révèle le secret des dieux immortels. Par le feu, la vie triomphe de la mort …

Souvenons-nous : d'aucuns disent ailleurs : "C'est par le feu que la nature se régénère" (Igne Natura Renovatur Integra ou INRI). Mais aussi la déesse soufflait doucement sur l'enfant. Par le souffle, elle donne la vie et l'enfant grandit sans prendre le sein, ni aucune nourriture … Par le souffle seulement, il se nourrit de l'air que ventile la nourrice.

Autre secret : le Souffle. L'air source de vie … La Terre, le Feu, L'Air … Et voici la faute, La Faute … Parce que l'Homme n'a pas su avoir confiance, n'a pas fait confiance au dieu … Parce que l'Homme ne sait pas voir son Destin, son heur et son malheur, il commet "la faute la plus grave" qui l'exclut du monde des dieux, lui interdit l'immortalité, le ramène à la vieillesse et à la mort inéluctable, à son destin d'homme mortel. Et cette défiance, ce manque de confiance, relèvent de la folie. Et c'est de cette folie que relève le destin mortel de l'homme … II ne sait pas voir son destin, il ne fait pas confiance à la sagesse des dieux, il n'est pas digne de l'immortalité … La Faute le renvoie au monde des mortels …

Mais, pour compenser la Faute folle, vient l'ordre divin : élever un Temple à Eleusis et un Autel où la déesse fondera les Mystères pour instruire les hommes. Déméter enseigne le Rite sacré qu'il ne faudra pas divulguer ni transgresser. "Les beaux rites les rites augustes qu'il est impossible de pénétrer" sur lesquels il faut garder le secret. "Le respect est si fort qu'il arrête la voix". Le Secret … Dès lors, la lecture du mythe devient plus difficile, puisque le Mystère est couvert par le secret, puisqu'il est dit qu'on ne peut le pénétrer, puisque personne n'a transgressé, ni rien révélé.

Cependant un esprit maçonnique est alerté sur quelques indices qui lui paraissent familiers. L'épreuve de la Terre qui s'ouvre pour emmener Coré dans un voyage douloureux … Les vertus du feu qui ouvrent à la vie éternelle et dépassent la mort. La purification par l'air, le Souffle, qui alimentent le corps et permettent son épanouissement. L'eau enfin, quand Déméter se réfugie de tristesse au puits des Vierges, près d'Eleusis, où les jeunes filles viennent puiser l'eau, sans peine - est-il précisé - dans des vases en bronze rutilant. Lecture plus difficile donc avec le secret …

On voit aussi que les plantes portent sens. Elles sont présentes dans le mythe qui énumère avec insistance les fleurs que cueillent Coré et ses amies "les belles jeunes filles à l'ample poitrine" au moment de l'enlèvement. Des roses, des crocus, de belles violettes dans les prairies, des lis, des iris, des jacinthes, et des narcisses, fleurs d'eau, dont la beauté et le parfum réjouissent et les dieux et les hommes et " les vagues marines ". Le safran, couleur de la sagesse, dont on sait que les mystes se parent dans leur voyage initiatique.

On rencontre aussi la grenade dont le pépin "doux et sucré" scelle à jamais l'union et rend irréversible le cours des choses … Elle orne aujourd'hui nos colonnes maçonniques dès l'entrée du Temple. Aussi la menthe du pouliot dans la boisson sacrée de Déméter, plante aromatique certes mais tranquillisant, agent de la sérénité … Enfin le blé, nourriture des hommes, dont la croissance bien sûr demande le travail des hommes, mais dont la génération et la culture relèvent des pouvoirs de la divinité …

De ce que l'on sait, du peu que l'on sait, les Mystères de Déméter appelaient à des Voyages sur la Terre "aux vastes chemins" au moins en Trois étapes : d'Eleusis à Athènes où l'on transporte les objets sacrés (hiéra) qui portent un sens aux yeux des initiés ; d'Athènes jusqu'à la mer pour les purifier à l'eau marine ; enfin la procession des initiés retourne à Eleusis pour y rapporter les objets sacrés purifiés et guides des mystes.

Ces trois voyages étaient développés sur sept jours pour ouvrir la voie aux Initiations d'Eleusis. Ainsi, dans les brumes des mystères, on devine des Nombres. Coré passera un tiers de l'année au royaume des morts et deux tiers de l'année chez les vivants.

On sait que l'initié doit attendre un an entre les Petits mystères et les Grands mystères, puis cinq ans pour les suivants : 1 - 3 - 5 - 7. Et Neuf : Déméter "pendant neuf jours ne cessa de parcourir la terre" à la recherche de l'Espoir pour retrouver sa fille … Et Dix … Le 10° jour elle reçut la nouvelle du soleil qui lui avait révélé la vérité : l'enlèvement de Coré et la volonté de Zeus : 1 - 3 - 5 - 7 - 9 - 10. Des voyages, des Nombres …

On devine aussi des Emblèmes, des Mots pour se reconnaître, des formules confidentielles … Des Signes : le Triangle isocèle de la Sagesse, la Clé pour sceller les lèvres de l'initié … Ou encore des Lumières, des flambeaux et des bruits, des tintamarres, des musiques fortes de cymbales et tambourins … Mais encore des Silences, du Silence et des Secrets insistants, rigoureux, impératifs …

Et enfin, à l'évidence, pas d'enseignement … Pas d'école, pas de dogme … L'Initiation appelle à l'Emotion … A force d'impressions qui forgent l'âme et portent à la réflexion, elle soulève d'enthousiasme l'initié. "Ceux qu'on initie ne doivent pas apprendre quelque chose nous dit Aristote, mais éprouver des Emotions et être mis dans certaines dispositions".

Le franc-maçon se trouve en pays familier … 

                    (Source : Homère, Hymnes à Déméter - Paris, Les belles Lettres, 1997, pp. 42-58).


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